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 Il faut le voir pour le croire ! [PV]

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Håkan Ljungström

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Messages : 51

Date d'inscription : 30/05/2012

Localisation : Chicago.


MessageSujet: Il faut le voir pour le croire ! [PV]   Lun 4 Juin - 17:52

LA VEILLE

Huit heures et demie du soir et toujours pas au bercail. Il fallait avouer que mes horaires variaient en fonction des moeurs des habitants de Chicago, je ne pouvais malheureusement pas les prédire. Connaissant cette ville, j'aurais aimé voir une évolution positive, rien que pour la jeune délinquance. Mais rien n'y faisait, j'avais même envie de dire que ça stagnait. Des gangs se formaient, mais la plupart du temps, des personnages masqués les punissaient à notre place. Dans l'idée, ce n'était pas tellement mauvais. Moi aussi j'aurais fait la même chose, si j'avais été doté d'un quelconque pouvoir. J'en étais démuni. Comment parvenir à faire la différence entre un vilain et un super-héros ? Là était toute la question. Un super-vilain était tout aussi apte à vous déblatérer des mensonges - à moins que ses actes précédant la conversation ne le contredisent violemment. Je restais donc, la plupart du temps, tout à fait neutre quant à ces affaires. À vrai dire, cela ne me touchait plus réellement : je ne le voulais pas, car cela faisait remonter en moi beaucoup trop de souvenirs douloureux. Si je voulais tenir à mon équilibre, je me devais d'axer mes pensées sur le futur et non sur le passé, quel que soit la couleur du présent. Je m'étais payé une canette de soda fraîche, pleine d'édulcorants et de sucre, mais qu'importe. J'avais des exercices physiques qui me permettaient d'évacuer ces cochonneries, et c'était tant mieux. Seul le goût pâteux qui restait dans ma bouche m'incitait à en reprendre, pour pouvoir effacer cette sensation désagréable.

Le nez devant l'écran d'ordinateur - derrière ça marcherait moins bien vous me direz - je survolais les fichiers récemment mis à jours, de façon à réactualiser toutes les enquêtes en cours. L'historique des plaintes, et autres paperasses administratives dont j'étais l'unique garant. Il restait encore quelques uns de mes collègues, sensés être de garde, pour la plupart. Le commissariat paraissait aussi calme qu'une cathédrale endormie lorsqu'il n'y avait plus de vie à l'intérieur. Ma surprise fut de voir arriver Spencer, rougi par l'effort. Il toqua, entra, essoufflé. Le dos de sa main passa contre son front, puis, enfin, de saines paroles franchirent la barrière de ses lèvres.


« Excuse-moi de te déranger, commença t-il, mais il semble que nous ayons un…léger problème.
- Quel genre de problème ?
- Inédit dans son genre. »

Je fronçai légèrement les sourcils, ressentant tout de même une pointe d'inquiétude. Qu'est-ce qui pouvait faire autant angoisser l'un de mes collègues ? Je me le demande. À part tomber sur un mastodonte, je ne voyais pas vraiment. Mais ils n'auraient pas pu le ramener ici, sauf s'ils étaient plusieurs. Je me levai de mon siège et sortit de mon bureau, suivant de près Spencer. Après quelques slaloms entre les bureaux, nous arrivâmes à l'accueil. Un jeune garçon, les cheveux ébouriffés et le teint mat, était menotté. Il était tenu par quatre gendarmes et sa bouche était recouverte d'un sparadrap. À la vue de ce détail, je me montrai interloqué :

« On l'a trouvé sur les lieux d'un incendie qui s'est déclaré il y a une heure dans une station-service de South Deering et…
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Pourquoi vous lui avez scotché la bouche ? Même un délinquant avait le droit à un minimum de dignité. Ce n'est pas un animal, bon sang ! D'autant qu'il lui serait difficile de dire quoi que ce soit s'il avait cette chose sur la bouche. Je saisis l'extrémité et tira. Ça risque de faire un peu mal…
- Arrêtez !
- Pourquoi ?, fis-je, mécontent.
- Regarde ce qu'il a fait à Eddie… »

Mon regard vacilla vers l'un des gendarmes, qui se tenait fermement les oreilles. Entre ses doigts, des filets de sang dégoulinaient jusqu'à en tâcher le sol. Je continuai néanmoins à tirer le sparadrap et le délivra de son mutisme. C'est alors que je me rendis compte que ses yeux clairs étaient inondés de larmes. Il se mordait la lèvre inférieure férocement.

« Appelez tout de suite les urgences, il doit être prit en charge rapidement. À défaut de n'avoir qu'une petite trousse de secours, il fallait employer les grands moyens. Je n'étais pas médecin, mais flic. Je ne préfère pas vous demander de l'interroger, je vais le faire moi-même. »

Ils hochèrent la tête positivement, leur visage marqué par un choc antérieur. Les quatre hommes lâchèrent l'adolescent qui, à ma plus grande surprise, n'opposa aucune résistance et se dirigea instinctivement vers moi. Je déposai ma main sur son cou pour qu'il soit guidé par mes pas. Nous nous dirigeâmes vers une salle spéciale où nous avions l'habitude d'interroger suspects ou autres. Arrivés dans la pièce, je le demenottai et l'invitai à s'asseoir. Il se montrait étrangement silencieux. Je pris place en face de lui, puis m'arma d'une nouvelle feuille vierge Word.

« Je m'appelle Hakan Ljungström, inspecteur. Je vais devoir te demander ton nom, prénom, âge, date de naissance, profession, si tu en as une évidemment. »

Le bleu de mon regard rejoignit celui du jeune garçon. Ses lèvres tremblotaient mais il ne disait rien, comme si une main invisible était pressée sur sa bouche. Traumatisme ? Possible. À moins que cela ne soit de la culpabilité, et dans ce cas-là, je devrais faire en sorte de lui faire sortir un maximum d'informations. Il pleurnichait toujours. Quelque chose le coinçait, mais quoi ? Instinctivement, je sortis un paquet de mouchoir que je lui tendis. Il redressa la tête et je pu enfin voir les traits de son visage. Le garçon s'en empara, et me gratifia d'un hochement de tête.

« Tu sais, si tu ne parles pas, je risque de te garder plus longtemps que prévu… »

Je soupirai légèrement. Je vis qu'il me faisait des signes. Visiblement, il ne pouvait pas parler. Ce n'était pas de la volonté dont nous parlions mais uniquement de capacité, donc. Je lui tendis mon stylo et ma feuille, pour qu'il puisse écrire ce que je lui avais demandé. Je le regardai faire d'un oeil attentif, bras croisés sur la table. Il glissa la feuille vers moi où je pus lire, effectivement, une identité parfaitement connue.

Citation :
Jake ANDERSON
17 ans
Né à CHICAGO, IL
Lycéen

Je croisais de nouveau son regard et fit en sorte de poursuivre oralement. Après tout, il était peut-être muet, mais pas sourd.

« Qu'est-ce que tu faisais là-bas ? Qu'est-ce qui s'est passé dans cette station-service, tu le sais ? »

Il reprit le papier et y inscrivit de nouvelles informations. Je plissai légèrement les yeux, l'air de réfléchir.

Citation :
Quelqu'un a essayé de voler mon sac à dos. J'ai crié, et tout a explosé juste après. Je ne sais pas ce qui s'est passé. On est venus me chercher, j'ai eu peur, alors j'ai encore crié, et un de vos collègues a saigné des oreilles.

Ce qui voulait dire qu'une seule chose aussi : il n'était pas muet. Pire encore, il semblerait qu'il soit la cause involontaire de l'incendie. Mais pour ça, je devais m'assurer que tout cela était vrai. Même si, vous l'imaginez, je ne doutais pas des paroles du gamin. Je savais lorsque l'on me mentait. Sixième sens, si vous voulez.

« Donc tu peux parler. Est-ce que ça t'es déjà arrivé ? »

Il hocha négativement la tête et se remit à pleurer. Il était mort de trouille. Je me retrouvais dans une impasse. Ce garçon n'était pas humain.

« Attends. Je reviens. »

Je suis sortit de la pièce et j'ai amené quelques verres que je plaçais sur la table. Je retournai vers la porte.

« Crie comme tu l'as fait tout à l'heure, ou parle. Ne t'inquiète pas pour moi, d'accord ? »

Il hocha positivement la tête. J'ai refermé la porte, regardais le garçon derrière cette énorme vitre insonorisée puis coinça mes bras l'un en dessous de l'autre. Il se mit à parler. Rien ne se passa. Alors, il fit comme je lui avais indiqué, il cria. Les verres explosèrent en mille morceaux sans qu'il ne les ait touchés physiquement. Dans la surprise, j'en avais reculé d'un pas et décroisé mes bras. Je n'avais pas rêvé. Je n'avais pas fait fausse route. Je suis ensuite rentré, et vu l'ampleur des dégâts. L'ordinateur lui aussi en avait prit un coup - j'avais mal jaugé son "don".

« Impressionnant, lui fis-je remarquer. Spencer arriva derrière moi.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi il braille ?
- C'est rien, Spencer. Je lui disais juste qu'il allait devoir rester ici cette nuit.
- Rien à voir avec ce gamin, alors ?
- Rien à voir, effectivement. »

Je mentais. Je n'aimais pas ça. J'y étais que très rarement confronté, pour ne pas dire jamais. Ce qui expliquait le fait que je sente ma gorge se nouer petit à petit. Je ravalai ma salive, puis invitai Jake à me rejoindre.

« Tu peux y aller, Spencer, je m'occupe de tout.
- D'accord.
- L'ambulance a emmené Hughson ?
- Oui, pas de soucis.
- À demain, dans ce cas.
- À demain ! »

Il disparut dans la pénombre du commissariat. Nous nous dirigeâmes vers les cellules provisoires qui n'étaient pas remplie, ô grand merci, cette nuit-là. La plupart avaient été relâchés avant la nuit tombée ou étaient transférés. Autant dire que c'était plutôt calme pour le moment. Une fois la porte refermée derrière nous, je lui glissai :

« Tu vas sortir par la porte de derrière, j'ai les clés. Pas besoin de formalités, ces conneries-là, ça ne sert plus à rien. »

Je pus lire sur ses lèvres un "pourquoi" bien distinct, accompagné par une expression faciale digne de ses paroles.

« Ce n'est pas de ta faute. C'est simple, non ? »

Il me faisait comprendre que ça l'était tout de même. Je passai devant lui pour ouvrir la porte de secours, puis le laissait sortir.

« Rentre chez toi, maintenant. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais où me trouver, Jake… »

Après tout, j'étais impuissant face à ce genre de cas - qui m'avait encore jamais été donné de voir de mes propres yeux, d'ailleurs. Je ne pouvais pas l'aider, seulement le sauver d'une bien pénible situation. Après hésitation, il finit par partir. J'expirai profondément, évacuant la pression que j'avais emmagasinée durant ces longues minutes. Je refermai la porte puis plaqua ma main sur mon visage. Je me ressaisi, puis me décidai à rentrer à la maison. Il était déjà neuf heures un quart. J'avais raté le coucher de Jade.

AUJOURD'HUI, 6:40 AM

Levé de bonne heure, j'en ai profité pour préparer le petit déjeuner aux deux filles de la maison. Pancakes, omelettes, bacon. Elles adoraient ça. J'avais aligné les médicaments de Jade, grippée, sur la table de la cuisine. Elle avait toussé toute la nuit. Mais ça ne m'avait pas dérangé, puisque je n'avais pas dormi plus d'une heure. Les événements de la veille m'avaient fait longuement réfléchir. Je pris un café puis parti au poste. Durant le trajet que je fis en voiture, je me branchais sur la radio locale pour y connaître les nouvelles informations. L'incendie n'y échappa pas, et bien qu'il n'y ait que deux blessés et une bâtisse en cendres, ça avait fait trembler le quartier. Je pris mon raccourci habituel pour pouvoir prendre mon paquet de Gauloises. Oui, je fumais. On est souvent surpris à le savoir, car je n'ai ni toux, ni odeur amère de la cigarette. Je rentrai dans le bar-tabac. Il y avait du monde au comptoir, étrangement. La télé murale illuminait les conversations matinales, j'y étais habitué. Lorsque mon tour vint, j'arborai un sourire chaleureux, qui m'était naturellement bien rendu par le gérant.

« Comme d'habitude ?
- Oui, s'il vous plaît. »

L'homme se retourna, prit le paquet, je glissai quelques dollars et retournai vers la sortie. Tête basse, je m'occupai à ranger mes affaires. Mais alors, une fois sortit, je fus surprit de voir quelque chose, quelqu'un à côté de mon véhicule…
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Charles Xavier

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Date d'inscription : 02/06/2012

Localisation : Institut Xavier, situé au 1407 Graymalkin Lane dans le centre de Salem


MessageSujet: Re: Il faut le voir pour le croire ! [PV]   Dim 10 Juin - 17:17

[HRP]J'ai changé de couleur pour les dialogues car l'ancienne est illisible. N'hésite pas à me le faire savoir si la nouvelle te gêne Wink[/HRP]

* C'est bien lui la source de cette perturbation. Impossible d'en douter. * Songea pour lui-même l'homme en chaise roulante tout en s'avançant à la rencontre de l'inspecteur sortant du tabac.

De part sa position assise, Charles avait prit l'habitude de se trouver plus bas que ses contemporains. Cependant, force lui fut de constater que l'homme au paquet de cigarettes dépassait allègrement les standards de taille moyenne en Amérique. L'anthropologue nota brièvement les yeux clairs, la chevelure d'un blond de blés dorés par le Soleil, plus une morphologie faciale propre aux phénotypes nordiques. Des traits qui, ajoutés à une haute taille, ne laissaient plus de place pour les suppositions. Sans même avoir eu recours à la télépathie, le professeur Xavier sut qu'il allait converser avec un descendant des peuplades d'Europe du nord. Ce qui ne lui conférait pas le plus petit avantage argumentatif. L'habitude de catégoriser son prochain était restée au professeur, jusqu'à devenir une sorte de toc autant qu'un exercice mental. Tendant une poigne amicale, le vieil homme salua courtoisement :


« Inspecteur Ljungström ? C'est un de vos collègues qui m'a dit que je pourrai vous trouver ici. Je me présente : je suis le professeur Charles Xavier ; je dirige un institut à New-York. »

Des rides en forme de pattes d'oies surgirent aux commissures des orbites du locuteur lorsqu'un sourire aimable ponctua son intervention. Dans ses iris cristallines, une lueur intéressée souligna sa tentative pour sonder l'esprit du trentenaire. Comme la veille, le télépathe ressentit une sorte de perturbation psychique environnant l'inspecteur, un "bruit de fond" parasitant la lecture des pensées. Néanmoins, chose inattendue, le phénomène s'estompa rapidement, et Charles eut brusquement accès à une déferlante d'informations, dont certaines très privées, sur l'existence et le passé de son vis-à-vis. A l'instar d'un homme qui intensifierait doucement une pression sur du verre jusqu'à ce que, d'un coup, le matériau ne cède et n'explose, l'octogénaire ne s'était pas rendu compte de la puissance de sa focalisation avant que le blocage ne se dissipe. A l'instant où le voile psychique s'était levé, sa lecture télépathique avait démarré sur les chapeaux de roue, le laissant profondément enfoncé dans la psyché du père de famille.

Gêné, le chauve en fauteuil papillonna des paupières, puis reprit :


« On m'a dit que vous vous étiez occupé d'un jeune garçon, hier soir. J'aurais souhaité m'entretenir avec vous à ce sujet. De préférence, pas dans votre bureau au commissariat. Sauf, naturellement, si vous voulez que tous vos collègues apprennent que vous avez relâché un suspect intentionnellement... » Laissa entendre Xavier en échangeant avec son interlocuteur un regard brillant d'intelligence.

Pendant que sa remarque plongeait dans la perplexité l'inspecteur de police, le télépathe inspira longuement par le nez, portant toute son attention sur les esprits résidant à Chicago. Faisant abstraction du monde physique l'entourant, il se mit à balayer dans un large rayon les pensées superficielles, profitant de la levée du blocage mental pour chercher à délimiter une zone où le jeune Anderson pourrait se cacher.


* Sacrée paire de... * Apprécia un marcheur en évaluant les attraits d'une passante.

* … pourquoi il met autant de temps à ... * Peinait à comprendre un automobiliste.

* … faudrait que je pense à... * Se rappela une mère de famille.

* Une femme pleure contre son torse stoïque. Il vient d'annoncer à la jeune veuve que son mari avait trouvé la mort... *

Le directeur de l'institut Xavier mit fin à ses investigations psychiques lorsqu'il recommença à sentir l'influence de l'inspecteur de police sur ses tentatives. De bonne volonté, il roula à la suite du trentenaire dans un endroit un peu plus à l'écart, où tous deux pourraient discuter tranquillement. Et ils en avaient, des choses à se confier...

24 Heures plus tôt

Découvrir son don constituait toujours une expérience d'un genre particulier, pour les jeunes mutants. A la surprise de réaliser d'extraordinaires actions pour la première fois se disputaient l'euphorie du pouvoir nouvellement acquis et la peur (très justifiée) de l'exclusion sociale. Pour un peu que la mutation soit dangereuse si mal contrôlée, les circonstances d'un tel événement aboutissaient fréquemment à un drame. C'est pourquoi le professeur Xavier recherchait toujours à contacter en priorité les jeunes esprits en proie à une grande tension ou à un stress latent, de préférence ceux qui étaient sur le point d'atteindre leur puberté. Lorsque la chance était de son côté, le paraplégique télépathe parvenait à rejoindre l'adolescent en question avant que le moindre incident n'ait eu lieu ; il pouvait alors révéler à son interlocuteur sa nature, et l'aider à vivre son entrée dans le monde des mutants tout en douceur, sans traumatisme, grâce à l'institut et à ses enseignants. Mais ces cas-là se faisaient de plus en plus rares au fil des années...

Chicago abritait de source sûre un mutant sur le point de se révéler. Circonstance aggravante, l'individu porteur du gène X débordait d'angoisses et de craintes, comme s'il subissait quotidiennement des moqueries, ou que son foyer ne lui apportait pas le moindre réconfort. Que l'adolescent soit la tête de turc de sa classe, qu'il ait un grand frère tyrannique, ou que son père soit un alcoolique violent ne changerait rien à la suite du scénario que le professeur X ne connaissait que trop bien, hélas : un jour, une brimade mettrait le feu aux poudres, et les pouvoirs de celui qui était autrefois une victime se manifesteraient brutalement. L'inversion subite et imprévue des rôles du dominant et du dominé plongerait le mutant dans une frénésie vengeresse le conduisant à satisfaire ses fantasmes d'humiliation par des actes cruels, voire des homicides... Et il ne s'écoulerait que peu de temps avant que l'anecdote ne soit employée pour étayer la théorie présentant les mutants comme des monstres dangereux tout justes bons à être enfermés.


* Il ne reste plus qu'à souhaiter que j'arriverai à temps. * Espéra l'octogénaire chauve en suivant la signature psychique de son objectif.

Au moment où Charles Xavier sortit de son taxi, une lourde pierre lui tomba sur l'estomac. La piste du jeune garçon menait directement à un commissariat, ce qui n'augurait déjà rien de bon ; surtout lorsqu'une ambulance s'en éloignait en transportant un homme aux tympans meurtris par le cri surpuissant d'un lycéen. Après avoir sondé les souvenirs d'Eddie Hugson, le vénérable mutant effaça l'identité du responsable de l'esprit de ce dernier, puis paya sa course et réinvestit son fauteuil télécommandé. Il traversa ensuite précautionneusement la rue, pénétrant lentement dans le poste de police brillamment éclairé. Un agent préposé à l'accueil releva le nez de son ordinateur dans l'intention de répondre à ses questions.


« Je peux vous aider, monsieur ? »

Le télépathe fouilla dans les pensées pullulant au sein du bâtiment pour y glaner les éléments nécessaires à son mensonge, enregistrant également une petite complication venant dela salle des interrogatoires (qui ne changerait rien, en définitive). D'une voix mélodieuse et grave, il se présenta, pour commencer :

- Bonjour, monsieur l'agent. Je viens chercher Jake Anderson, on m'a appelé il y a une heure pour que je passe le prendre.

L'agent Hugsley pianota sur son clavier tout en fourrageant dans sa moustache, et confirma sans délai :

« Effectivement, nous avons bien interpellé un lycéen de ce nom-là et, suivant la procédure, avons prévenu les responsables légaux. Mais si vous voulez le ramener chez lui, il va d'abord falloir... »

- Les formalités ont déjà été remplies, agent Hugsley. Vous les avez classées et rangées dans un tiroir avant d'oublier leur emplacement. De toute façon, elles ne révélaient rien de pertinent sur l'affaire. Ordonna le vénérable doyen en appuyant sa suggestion par télépathie.

Son vis-à-vis marqua une pause, le regard vitreux. Puis, après avoir cillé plusieurs fois, il se reprit, et autorisa avec un grand sourire l'homme en fauteuil roulant à aller récupérer son pupille, lui indiquant la salle des interrogatoire où aurait dû se trouver le garçon. Or, chose que personne dans le commissariat ne savait, mis à part trois individus, c'était que Jake ne se situait plus dans ladite salle depuis cinq minutes. Ressortant du poste sans donner d'explication (et en effaçant le souvenir de sa visite dans la mémoire du policier), Charles se dirigea vers la ruelle bordant l'arrière du bâtiment, dans le but de récupérer l'adolescent libéré en douce par un certain Hâkan Ljungström.


* Jake a donc découvert ses pouvoirs lorsqu'on a tenté de lui voler son sac à dos... Si on en croit les bilans préliminaires, en plus d'un policier blessé, son cri aura causé l'explosion d'une station-service, prenant la vie de deux pompistes et meurtrissant cinq clients. J'ai pu sentir du remord venant de ses pensées, ce qui est bon signe. Mais il ne fait aucun doute que livré à lui-même, ce jeune garçon finirait soit par employer son don à des fins malheureuses, soit par provoquer d'autres accidents. *

Poussant le moteur de son fauteuil à pleine puissance, l'anthropologue s'insinua dans l'étroit couloir plongé dans la pénombre, s'attendant à y découvrir le jeune Anderson et son allié de circonstance. Au lieu de quoi, il ne vit qu'une ruelle vide, décorée par des bennes à ordures et des graphitis de gangs. Pris au dépourvu, Charles reporta sa focalisation sur les pensées environnantes, essayant de capter l'esprit de sa cible. Et c'est à cet instant que survint l'anomalie. Un mur psychique bloqua les perceptions du télépathe dès lors qu'il tentait d'explorer son voisinage, comme un aimant repoussant son attention dans une autre direction. Le problème étant que, quoi qu'il fasse, Xavier se trouvait repoussé. Quelque-chose (ou quelqu'un) s'opposait à ce qu'il use de ses dons. Le plus déroutant dans ce phénomène se situait dans la nature du blocage. Pour y avoir été confronté plusieurs fois, le mutant télépathe savait reconnaître l’œuvre d'un autre adepte de la lecture de pensées lorsqu'il en croisait un. Mais ici, on ne pouvait pas clairement discerner une intervention personnifiée. Tout se déroulait comme si les circonstances s'opposaient au professeur.

* Troublant... Je vais devoir me passer de mes dons de voyance pour l'instant, à ce qu'il me semble. * Se résigna à contrecœur l'octogénaire bien décidé à éclaircir cette histoire.

Procédant par logique, le directeur de l'institut Xavier exploita son affabilité et son statut d'handicapé pour apprendre de la bouche d'un employé postal l'adresse des Anderson. Moyennant un second voyage en taxi, le paisible chauve aux yeux rieurs sonna à la porte d'une charmante petite maison dans le district de Fulton River. L'heure tardive jouait un peu contre lui, aussi regretta-t-il de ne pas pouvoir se reposer sur ses dons pour faciliter son enquête. Préparant son plus amicale sourire, le paraplégique en costume noir contempla la femme aux cheveux fatigués qui lui ouvrit avec un air désespéré. En constatant que ce visiteur ne portait pas de badge, elle soupira discrètement, avant de s’enquérir :


« Qui êtes-vous ? Et que voulez-vous ? »

* Mon Dieu ! Faites qu'il ne soit rien arrivé à Jake ! *

En fronçant les sourcils, le télépathe découvrit que la perturbation qui le gênait s'était évanouie sans qu'il s'en soit rendu compte. Jugeant la situation comme un cas de force majeur, il sauta le chapitre des présentations, pour plonger son esprit dans celui de la mère de famille. En quelques secondes, Charles apprit que Jake n'avait aucun grand frère, et que son père était bien trop obnubilé par son travail pour paresser chez lui en buvant des bières. Néanmoins, le lycéen se montrait souvent renfermé, était peu socialisé, et avait récemment développé une agressivité inhabituelle à l'encontre de ses parents. La mère du jeune homme le suspectait de consommer de la drogue, une théorie à laquelle son vis-à-vis n'adhéra pas.

* Jake n'est donc pas rentré à son foyer... Pourquoi ? Et surtout, était-ce volontaire, ou bien s'agit-il d'un enlèvement ? Si un anti-mutant l'a vu utiliser ses pouvoirs à la station-service, il pourrait très bien avoir attendu à la sortie du commissariat pour le kidnapper... * Envisagea le fondateur des X-men avec inquiétude, avant de chasser l'hypothèse de ses pensées.

Il avait sondé les environs en arrivant au poste. Si un individu mal intentionné s'était trouvé dans les parages, Charles l'aurait senti.


* Sauf s'il s'était dissimulé derrière, disons, une sorte de perturbation psychique.. Exactement comme celle qui m'a assailli dans la ruelle. *

Les possibilités d'explications étant trop nombreuses, l'octogénaire résolut de ne pas se perdre en conjectures. Au lieu de cela, il fit de son mieux pour tranquilliser son interlocutrice mortifiée. D'un timbre rassurant, il promit :

« Madame Anderson, je suis Charles Xavier. Professeur à l'institut Xavier. Je suis venu pour aider votre fils, et c'est une tâche que je m'efforcerai de remplir. Soyez dès à présent assurée que Jake ne subira aucunes poursuites pour ce qu'il a fait cet après-midi. Je vais également vous le ramener sain et sauf aussi vite que possible, afin que votre famille et moi discutions de certains détails relatifs à la scolarité de Jake. Jusqu'à mon retour, j'aimerais que votre conjoint et vous ne pensiez plus à tout ceci. » Articula d'une voix agréablement autoritaire l'homme au fauteuil roulant en implantant la suggestion profondément dans le subconscient des deux parents.

Toute appréhension ayant quitté ses traits, Rosie Anderson referma sa porte, s'apprêtant à servir le dîner à son charmant époux. Pour sa part, le persuasif professeur ne perdit pas une seconde de plus, et mobilisa sa concentration pour sonder Chicago et ses environs. Yeux clos, visage neutre, il se mit à passer d'esprit en esprit, ignorant les pensées des uns et des autres pour ne se focaliser que sur celles d'un jeune lycéen. Mais aussi forte et inflexible que fut la volonté du télépathe, l'écran parasitant ses pouvoirs demeurait. L'obstacle s'effaçait lorsque Xavier se cantonnait à sonder les pensées des environs, mais resurgissait dès que l'homme en costume noir s'essayait à élargir son champs d'action. Ce qui ne pouvait signifier qu'une chose...


* La perturbation provient bel et bien d'une personne, ou d'une source, et elle ne peut couvrir qu'une zone délimitée... Mais puisque je peux désormais m'insinuer dans les pensées des agents de police au commissariat, alors j'en déduis que l'origine du phénomène se déplace. Pour moi, c'est un individu qui en est la cause. * Estima l'ancien partenaire d'Erik Lehnsherr en se frottant les paupières d'une main lasse.

Faute de mieux, il opta pour se rabattre sur la seule piste qu'il lui restait entre les doigts : l'agent Ljungström. Celui qui avait fait un geste pour le garçon. Il se trouvait là lors de l'apparition de la turbulence, et avait été la dernière personne à voir Jake Anderson avant qu'il ne s'évanouisse dans la nature.


* Mieux vaut attendre demain pour aller lui parler... Je ne peux rien faire d'utile pour le moment, et une nuit de sommeil me ferait le plus grand bien. D'autant que, si mes pouvoirs venaient à me faire défaut, j'aurais bien des difficultés à le convaincre de discuter avec moi d'un sujet aussi confidentiel à dix heures du soir passée... *

De retour au présent

* C'est comme s'il attirait sur lui mes tentatives pour lire les pensées environnantes... Tel un trou noir psychique. Mais... Pourquoi ? Ce n'est pas un mutant, et il n'est pas du tout conscient de l'impact qu'a sa présence sur mes facultés. Et vu l'intermittence du phénomène, il s'agit apparemment d'une réaction qui se produit sous certaines conditions. A moins qu'elle ne provienne d'une source extérieure, et que monsieur Ljungström ne fasse office de relais... * Soliloqua le directeur de l'institut Xavier d'un air absent, avant de se placer face à son interlocuteur.

« Hier soir, vous avez cru bon de permettre à un jeune mutant d'échapper à la police. Comment le sais-je ? Tout bonnement parce qu'en discutant avec vos collègues, j'ai appris que vous étiez le dernier inspecteur à l'avoir vu. J'ai la chance d'être un homme à qui l'on se confie facilement... Le fauteuil doit y jouer un rôle quelconque. Supposa-t-il en affichant un sourire difficilement contenu. J'imagine que vous vous êtes débrouillé pour ne pas être soupçonné, et d'ailleurs ce n'est pas la raison de ma visite. Ce que vous avez fait pour Jake Anderson était extrêmement louable, mais malheureusement, il semblerait que vous jouiez de malchance. Jake n'est pas retourné chez lui, après avoir quitté le commissariat. » Annonça de but en blanc l'octogénaire.

Avant d'aller "s'informer" auprès de l'inspecteur aux origines européennes, Charles Xavier était allé voir les Anderson, souhaitant que contre toute attente leur fils ne soit finalement rentré. Il les avait trouvés, occupés à savourer un petit-déjeuner dans une insouciance artificielle. Mais à quoi bon laisser d'honnêtes gens se torturer l'esprit pour quelque-chose qu'ils ne pouvaient changer ?
Le télépathe, à présent coutumier du fait, devina que le blocage psychique se trouvait déployé autour de sa source. Sans rien en laisser paraître, il poursuivit, s'en remettant aux vieilles méthodes d'investigations :


« J'ai cru comprendre que vous, ainsi que certains de vos collègues, avez été témoins des "capacités" de ce lycéen. Des capacités qu'il ne contrôle pour l'instant quasiment pas. J'estime ne pas vous surprendre en vous disant qu'un mutant lâché dans Chicago pourrait provoquer des catastrophes en série. C'est pourquoi j'aimerais que vous m'aidiez à le retrouver. L'institut que je dirige, l'institut Xavier, a été bâti pour porter assistance aux personnes telles que Jake. On y apprend notamment à mieux contrôler ses dons. Seulement je ne pourrais pas faire grand-chose pour lui s'il venait à commettre de multiples homicides. L'institut n'a pas vocation à héberger des criminels. Le gouvernement fédéral ne l'autoriserait pas, et ferait fermé l'établissement, ce qui condamnerait l'ensemble de mes élèves à la rue. Informa le télépathe avec une expression d'inquiétude sincère mais contrôlée. J'ai besoin que vous me racontiez ce qui s'est passé lorsque vous avez aidé Jake à s'échapper, et que vous me disiez quels endroits il serait susceptible d'avoir cherché à atteindre. Et bien que cela m'attriste, il va également falloir envisager l'hypothèse de l'enlèvement... »

Dépossédé de ses pouvoirs, l'orateur aux yeux perçants dû s'en remettre à l'observation pour deviner ce que trentenaire blond avait en tête.

« Laissez-moi vous accompagner, inspecteur. J'ai l'habitude de côtoyer ces adolescents ; si nous venions à retrouver Jake, je saurai le calmer et empêcher que la situation ne vire au drame. De plus, j'ai eu l'occasion de discuter avec sa famille. Je pourrai vous être utile. N'oubliez pas que je suis d'un abord facile. » Argumenta-t-il sans jamais mentionner ses pouvoirs.

Non pas que le professeur Xavier refusât de parler de son état à un homme apparemment capable de le contrer (bien qu'involontairement) ; mais en règle générale, apprendre que vous conversiez avec un mutant capable d'altérer vos pensées sans que vous vous en rendiez compte plongeait la personne dans une paranoïa de tous les instants. On en venait à se demander en permanence si nos idées étaient bien nos idées, ou s'il s'agissait de suggestions télépathiques. On tentait de dissimuler certaines pensées ou souvenirs honteux, à tort. Et fatalement, on finissait par se dire que, peut-être, l'octogénaire chauve n'arrêtait pas d'effacer toute pensée contraire à sa volonté, pour nous transformer en zombis obéissant aveuglément à ses décisions.

Pour toutes ces raisons, le professeur X ne dévoilait que rarement l'intitulé de son don. Le simple fait de savoir lire les pensées lui valait déjà très souvent l'hostilité et la méfiance...


Dernière édition par Charles Xavier le Sam 30 Juin - 18:39, édité 1 fois
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Håkan Ljungström

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MessageSujet: Re: Il faut le voir pour le croire ! [PV]   Ven 22 Juin - 16:17

Il ne fallut que quelques enjambées pour arriver jusqu'à la personne dite, qui se trouvait dans un fauteuil roulant. Je ne fus pas envahi par une quelconque pitié que ce soit, seulement une vague de compréhension, car je connaissais que trop bien ce que pouvais causer certains handicaps. Vieil homme, mais sans pour autant être complètement légume : il était, comme certains tentaient à le dire, plutôt bien conservé. Ce qui faisait de lui une personne charmante sous ses traits raffermis par les années qui se trouvaient sans doute loin derrière lui. Son sourire, très aimable, me ramena à la réalité. C'est alors qu'il s'adressa à moi, opérant d'une façon très astucieuse - à croire qu'il était habitué à aborder les « inconnus ».

« Inspecteur Ljungström ? C'est un de vos collègues qui m'a dit que je pourrai vous trouver ici. Je me présente : je suis le professeur Charles Xavier ; je dirige un institut à New York. »

Moi qui avait compté sur quelques cigarettes pour me maintenir éveillé, j'avais reçu une visite à l'improviste qui me demanderait d'utiliser beaucoup d'énergie. Je me préparais alors psychologiquement à combattre une journée bien plus difficile qui m'aurait été donné d'imaginer au départ. Après tout, j'avais fait des choses contraires au règlement hier, ce qui était d'ailleurs capable de mettre en jeu ma carrière. Je n'avais pourtant pas perdu mon sang-froid et j'avais fait ce que j'avais cru être le meilleur pour ce gosse. Croupir en prison à cause de pouvoirs offensifs qui se déclenchent sur la base de "l'involontariat"…je ne trouvais pas cela digne d'un inspecteur comme moi. Et encore moins de la justice américaine qui était de rigueur dans l'Illinois.

« C'est moi, en effet. Enchanté monsieur Xavier, que puis-je faire pour vous ? »

Je lui avais rendu son sourire chaleureux, acceptant sa poignée de main avec un respect mesuré. Je le vis un instant l'air perdu dans ses pensées. Il revint à moi et me fit part de la nature de sa venue. C'est une caresse glacée que je sentis glisser sur ma colonne vertébrale, me faisait presque tourner la tête. Une vive anxiété qui s'était emparée de moi, et qui s'était accentuée lors de sa dernière phrase. J'inspirais profondément, jetant un regard autour de nous. Nous ne pouvions pas rester ici pour discuter de ce sujet si…important à mes yeux. Et j'étais très étonné de savoir qu'il l'était pour lui aussi. Qui était donc cet étrange personnage ? Que cachait-il ?

Qu'importe. Il le saurait un jour ou l'autre, et, qui sait, me donnera t-il quelques informations de son plein gré. C'était, en tout cas, ce que j'espérais.


« Je pense que nous serions bien mieux autour d'un café, plus à l'écart. Je reculais d'un pas, lui laissant la possibilité de me suivre en bonne et due forme. Il y a un bar au coin de la rue. Suivez-moi. »

La rudesse de mes mots, qui avaient presque sonné comme des ordres, me froissa pour la première fois. Je venais de me rendre compte que mon quotidien, qui était rythmé par un ton tel que celui-là, n'était pas très courtois vis à vis d'un étranger. Je ravalais mes remords puis resta cois pendant le trajet, qui ne dura que deux petites minutes. Une fois arrivé, je poussais la porte, la lui tenant pour qu'il puisse entrer. Je refermais derrière lui et nous choisîmes un endroit un peu excentré, près de la vitre, après avoir salué le maître de l'établissement.

Les commandes passées, je joignis mes mains sur la surface boisée qui se trouvait entre nous, prêt à remettre sur le tapis une affaire que j'aurais sans doute préféré être clôturée dès lors où l'adolescent était mit hors de cause. Il serait retourné chez lui, sans soucis.


« C'est vrai, soufflais-je, je ne pouvais pas laisser un enfant aller en prison pour quelque chose qu'il n'a…pas voulu faire. »

C'était sans doute mon instinct paternel qui faisait le reste. Les enfants étaient trop précieux, comme beaucoup d'autres vies certes, mais ils représentaient notre avenir. Briser le leur ne rimerait strictement à rien, surtout s'ils n'étaient pas "maîtres dans leur propre maison". Je me pinçai la lèvre inférieure en fixant mon interlocuteur qui déroulait progressivement un certain nombre d'informations. La malchance…lorsqu'il prononça ce mot, j'ai cru que c'était le terme qui guidait mes pas depuis quelques temps déjà. C'est alors que beaucoup d'épisodes noirs de mon existence passèrent devant mes yeux, la mine déconfite. Je passais une de mes mains sur mon visage. Je ne pouvais pas lui mentir : pour moi, c'était une terrible nouvelle. Ma carrière, entre nous, ce n'est plus de cela que l'on parle, et ce depuis longtemps. Nous parlons de Jake Anderson, jeune garçon aux pouvoirs étranges, dont la culpabilité ne pouvait pas être appuyée.

Comment faire pour aider un jeune qui possède des…pouvoirs ? Et qui plus est dangereux ? Comme s'il avait entendu mes indénombrables questions qui tambourinaient mon crâne, il m'expliqua que ce mutant pourrait vite devenir un danger public s'il n'était pas prit en charge rapidement. C'est alors qu'il me toucha mot de cet Institut qui portait son nom, Xavier, que j'imaginais donc sous sa tutelle. J'avais dès lors une envie folle de m'allumer une cigarette, pour pouvoir me détendre. Fumer à côté de lui n'était sans doute pas très respectueux. Il tenait sans doute encore à sa vie, et se refuserait d'être un fumeur passif à mes côtés. Moi, je commençais sérieusement à douter de ce à quoi je tenais réellement. Mais…qu'est-ce que j'étais en train de raconter, bon sang ?


« Je comprend tout à fait. Je suis…vraiment confus qu'une telle chose ait pu arriver. J'étais pourtant confiant. Je pensais qu'il allait regagner son domicile mais… »

*Il ne l'a pas fait. C'est de ta faute.*
, pensais-je comme si quelque chose d'autre m'incitait à le faire.

Le café arriva, je payais en vitesse, devançant naturellement mon interlocuteur. Je n'allais pas lui faire don d'une note au point où nous en étions. S'il y avait bien une personne qui devait assumer ses actes, c'était moi. Et pourtant, je les assumais…mais à quel prix ? Tentant de rassembler mes souvenirs, chose relativement difficile dans un état de fatigue assez importante, je bloquais mon regard sur un point précis de la table pour pouvoir tout me repasser et l'expliquer le plus clairement possible à ce très respectable Charles Xavier.

J'aimantais enfin le bleu de mon regard à celui qui se trouvait assit en face de moi.


« Lorsque j'ai commencé à l'interroger, il était incapable de me parler. J'ai cru à un traumatisme, quelque chose de ce genre, qui n'aurait pas pu être écarté vu l'état des choses. Nous avons dialogué via quelques morceaux de papier. C'est là où il s'est présenté, Jake Anderson, né à Chicago, lycéen. Il m'a aussi dit ce qui s'est passé sur le lieu des faits. Je croisais mes bras, m'enfonçant dans mon siège. On a essayé de lui voler son sac, il a hurlé, par légitime défense, et visiblement…ça a marché. Tout a explosé autour de lui. Et, lorsque mes collègues sont arrivés sur les lieux, il a prit peur et a de nouveau fait vibrer ses cordes vocales. Un de mes agents a vu son audition être dégradée de plus de 95%, d'après les médecins. Autant dire qu'il n'entend plus grand-chose si ce n'est son battement cardiaque…il sera équipé d'un appareil auditif. »

C'était avec une pointe de regret que je disais ces derniers mots, car je connaissais cet homme et il n'avait rien demandé à la vie si ce n'est d'être propriétaire de sa maison et d'avoir un jardin suffisamment grand pour que ses deux chiens, Shan et Enoki, puissent se détendre. Je revins à l'attaque, mais il fallait bien avouer que mes informations ne nous amèneraient pas très loin. Il y avait quelques endroits que nous pouvions visiter…

« Je l'ai fait sortir par la sortie de secours du commissariat, lui demandant de rentrer chez lui, et de…me trouver s'il avait un problème. »

Aurait-il été jusque là pour me retrouver ? Sincèrement ? Je ne pense pas. Je bus quelques gorgées de mon café, qui avait déjà trouvé le fond de mon estomac…malgré tout, il ne fallait pas écarter cette hypothèse. Il y avait sans doute quelques indices qui permettrait de le retrouver, à l'arrière du commissariat. Il y avait également une autre possibilité, mais pour le retrouver, nous devrions aller à la rencontre de certains de ses camarades de lycée, qui sauraient peut-être où il était allé. Après tout, il ne s'était pas refermé comme une huître aussi vite ? Même un asocial aura toujours une personne sur qui compter. Reste à savoir qui est cette personne…

« Si vous voulez, vous êtes, il me semble, le mieux placé pour être mon coéquipier. Mais dites-moi, j'avais l'air pensif, car cet individu avait le don de m'intriguer, si vous prétendez diriger un institut permettant aux jeunes mutants de contrôler leurs pouvoirs…qui êtes vous pour pouvoir les guider ainsi ? »

J'insinuais par là, évidemment, qu'il était potentiellement un mutant lui aussi. Ce qui expliquerait tout. Je ne savais pas comment fonctionnait l'Institut Xavier, et surtout, je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à aujourd'hui. De la bouche de son directeur, tout au plus. Ce n'était qu'une simple curiosité qui m'était donné de glisser dans la conversation. Le temps pressait. Pas le temps pour ça, Håkan…

« Nous devrions nous mettre en route tout de suite. Ça vaudrait mieux. »

Autre détail, un retard très important au commissariat. Que dire ? Quoi faire ? Ma petite Jade était malade, j'avais un bon alibi - et Dieu sait que j'aurais aimé rester à ses côtés. Je m'excusais auprès de Xavier puis colla l'appareil téléphonique à mon oreille. Après de brèves mensonges concernant mon absence qui ne durerait "peut-être pas toute la journée", je raccrochais, lâchant de nouveau un soupir qui était là pour évacuer ce trop plein de pression. J'avais l'impression de ne plus être maître de mes propres pensées, ni même de mes mouvements, parfois. J'ignorais ce qui m'arrivait.

« Cela fait deux fois en l'espace de quelques heures que je mens. J'ai horreur de ça, grommelais-je, me levant de table. »
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Charles Xavier

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MessageSujet: Re: Il faut le voir pour le croire ! [PV]   Dim 1 Juil - 13:21

[HRP]Réponse un peu tardive... [/HRP]

Le directeur de l'institut Xavier sirotait son café moka en observant l'inspecteur lui confier ses remords (des remords sincères, pour autant qu'il put en juger, amputé de sa télépathie), savourant le fait de pouvoir déguster une boisson chaude dans un endroit aussi peuplé sans être contraint de brider ses dons. Lire les pensées avait nombre d'avantages, certes, mais possédait l'inconvénient majeur de provoquer des migraines dans tous les lieux publics, si l'on n'y prenait pas garde. Entendre les réflexions plus ou moins anodines des uns et des autres transformait la plus silencieuse des bibliothèques en salle de concert tonitruante, une épreuve pénible que beaucoup de jeunes mutants similaires au Professeur Xavier redoutaient, à juste titre. L'unique protection contre les capharnaüms mentaux consistait en un blocage temporaire de la télépathie. A haut niveau, il devenait possible de contrôler ce blocage, de le paramétrer pour qu'il laisse filtrer les pensées d'une ou deux personnes particulières, mais au demeurant, l'exercice restait fatiguant pour les nerfs.

* C'est d'un calme... * Frémit de plaisir le vieil homme paralysé en laissant ses pensées divaguer un bref instant.

Ce relâchement eut pour conséquence de lui faire deviner l'intrusion d'une mentalité étrangère dans la psyché de son interlocuteur accro à la nicotine. N'y prenant pas garde, il avait étendue sa perception autour de lui, détectant involontairement...
Quelque-chose. Le temps que l'octogénaire s'essaye à comprendre à quoi il avait à faire, la présence indéterminée s'en était allée, abandonnant Charles à ses ruminations. L'addition fut réglée sans même que l'invité du père de famille n'en ait réellement conscience.

* J'ai bien fais de venir à Chicago. Il s'y trame quelque-chose de sérieux, et d'inquiétant... Soit il s'agit d'un télépathe assez puissant pour me résister, même avec le renfort du Cérébro, soit la cause de ces perturbations n'est pas d'origine mutante... Ce qui relèverait alors d'un domaine éloigné de mes spécialités. * Songea gravement le généticien en sentant les yeux de son interlocuteur s'attarder sur les siens.

Le contre-rendu oral de l'inspecteur Ljungström n'apprit rien au doyen de l'institut qu'il ne savait déjà, mais la question avait été nécessaire à poser pour ne pas éveiller la suspicion du nordique en manque de sommeil. Certains inspecteurs de police disposaient d'une perspicacité notable, qui amenait souvent le fondateur des X-men à user de ses talents pour éviter que son institut ne devienne la cible des médias. Puisque actuellement, il ne pouvait avoir recours à son joker mental, mieux valait jouer la carte de la prudence... Plissant les commissures de ses lèvres en une expression de compassion pour le collègue de son vis-à-vis, condamné à porter un appareillage auditif, Xavier laissa l'orateur poursuivre sa narration, ne reprenant la parole qu'à la fin du rapport. Son ton, songeur, avait perdu en légèreté.


« Hum... Un lycéen pouvant émettre des déflagrations soniques... Chaque élocution de ce type de mutant peut tourner à l'hécatombe... Considérant la manière dont les choses se sont déroulées, vous vous en êtes plutôt bien sorti, inspecteur. Les gens qui osent s'approcher d'un mutant après en avoir vu les capacités sont rares. Cela demande du courage, ainsi qu'une bonne dose de clairvoyance, pour passer outre l'appréhension que le spectacle de ses pouvoirs soulève chez le citoyen lambda. Quand au fait que Jake vous ait cru lorsque vous vous êtes proposé de l'aider... Certains mutants(la majorité, si vous préférez) se renferment à la découverte de leurs dons. Ils deviennent violents, alcooliques, ou tombent dans la drogue. Que le jeune Anderson ne se soit pas défié de vous constitue un bon point en notre faveur... »

Embrassant la salle du regard, le spécialiste de la mutation chercha, vainement, à isoler une silhouette dénotant avec le décor. Un curieux personnage à qui aurait pu être imputé les perturbations planant sur la ville et ses habitants. Mais l'octogénaire savait qu'il se berçait d'illusions... Les forces à l’œuvre dans la disparition du lycéen trahissaient une trop grande maîtrise pour ne cacher que de simples débutants.


* Venir seul n'était peut-être pas bien prudent... C'est dans ce genre de scénario que l'on apprécie d'être épaulé par quelqu'un comme Scott, ou Ororo. * Regretta le vieil homme en finissant son café d'un air absent.

Il sourit en entendant Håkan sous-entendre que le directeur de l'Institut possédait lui aussi le gène X. La déduction venait à tous ceux qui apprenait que le paraplégique dirigeait une école pour mutants, ce qui n'étonnait plus l'anthropologiste depuis longtemps. Il déposa doucement sa tasse sur sa soucoupe avant de rétorquer, en énonçant le sempiternel mensonge qui dissimulait sa nature :


« Je ne suis pas un mutant, monsieur Ljungström, navré de vous décevoir. Simplement un homme de science, qui, en se spécialisant dans les mutations génétiques, en vint à découvrir que les mutants que l'on croyait n'être que les chimères d'un lointain avenir, existaient d'ores et déjà. Mon diplôme d'anthropologiste me permit d'établir rapidement que l'apparition d'une espèce cousine à celle de l'homme actuelle engendrerait d'inévitables et très violentes frictions, pour ne pas dire pire. Il convenait selon moi de prévenir ce conflit en édifiant le plus tôt possible des liens entre nos deux peuples. Songez que, bien qu'encore minoritaires, les mutants, s'ils venaient à nous affronter, nous balayeraient comme l'homo sapiens le fit pour son cousin Néandertalien il y a de cela des millénaires. Jake Anderson n'était qu'un lycéen isolé, et il a pu défaire plusieurs adultes, dont des policiers. Quelle dangerosité atteindrait dans ce cas un groupe d'individus dominant leurs pouvoirs ? J'en acquis la certitude, en comparaison d'une armée de mutants prêts à se battre jusqu'à la mort, la troisième guerre mondiale passerait pour une escarmouche poussive.
Privilégiant la diplomatie au nom de milliers de vies humaines à épargner, je me fis donc secrètement ambassadeur des humains pour tendre une main amicale vers la nouvelle génération de mutants, les rassemblant en un lieu où ils n'auraient à craindre ni leurs dons mal maîtrisés, ni la méfiance du grand public. Pour mieux les comprendre, je complétais mon arsenal de diplômes par un doctorat de psychologie et un autre de psychiatrie, avant de me dédier totalement à la formation de ces élèves d'un genre particulier. L'institut Xavier venait de naître, et continue d'exister depuis aujourd'hui plus de vingt ans.
»

Conteur insatiable, l'enseignant sourit en réalisant qu'il avait parlé plus que de raison. Le pauvre jeune homme à qui il venait d'asséner un long et inintéressant discours eût la politesse de ne pas bailler, mais profita de la première pause pour suggérer de commencer les recherches. Une initiative indiscutablement judicieuse, à laquelle souscrivit d'un hochement de tête le paraplégique, qui ne se formalisa pas de devoir patienter un peu. En réalité, sa télépathie connut une brève accalmie, ce qui lui permit d'explorer un peu plus les pensées de son voisin direct avant qu'elles ne redeviennent inaccessibles.

* Il s'inquiète pour Jake, se retient de fumer pour mon confort, n'a pas pour habitude de mentir à ceux qu'il respecte, et n'a rien vécu de notable... Même s'il semble traverser une mauvaise passe, et est en perte de repères. Mais sa malchance n'est-elle que le fruit du hasard, ou bien... ? * Résuma mentalement le professeur Xavier, qui en savait assez pour retirer de la liste des possibles une transformation accidentelle. Håkan n'avait jamais été exposé à des radiations ou au moindre sérum, n'avait jamais eu entre les doigts d'artefact ancien ou extra-terrestre... Il n'était pas un surhomme transformé, et son statut d'humain ne faisait aucun doute. Additionné à une guigne persistante, au sentiment de ne rien maîtriser et à des aptitudes latentes largement supérieures à celles d'un mutant, le profil ne laissait que...

*L'intervention d'un élément extérieur. Mais quoi ? Et est-ce que tout ça est lié à Jake, ou n'est-il qu'une victime innocente de très mauvaises conjonctures ? * Voulut savoir le calvitié, sourcils froncés, qui ne connaissait des entités surnaturelles et des aliens que ceux qu'il avait croisés par le passé. Soit exclusivement des organismes malfaisants et destructeurs. Tout aussi réjouissante était la possibilité qu'un autre télépathe du niveau de Charles Xavier s'amusât à noircir l'existence du descendant des peuplades nordiques en dissimulant sa présence.

Le signal de départ fut donné sans embages, et le fauteuil électrique de l'octogénaire se mit en mouvement pour suivre l'inspecteur prétendument affairé avec sa petite fille alité (Jade). Pour chasser l'amertume du cœur de son guide, le généticien consola d'un timbre apaisant :


« D'après les croyances populaires, mentir pour une juste cause ne compte pas. Et, de mon point de vue, certains mensonges sont nécessaires à la bonne marche du monde. Quoi qu'on en dise, la Vérité n'est pas toujours la meilleure solution. » Déclara sur un ton de conversation le télépathe évoluant incognito parmi la populace de Chicago en rendant sa précédente réponse peu digne de foi. Ce qui ne l'empêcha pas de considérer que son accompagnateur ne reviendrait pas à la charge de sitôt. L'un comme l'autre savaient qu'il y avait plus urgent à résoudre.

Ils sortirent du café sans trop avoir décidé quelle direction prendre, ce qui permit au plus âgé des deux de trier les possibilités selon leur pertinence.


*Retourner voir la famille est exclu, puisque je leur ai "suggéré" d'oublier la disparition de leur enfant jusqu'à nouvel ordre.. Si l'inspecteur tombait sur les parents nouvellement amnésiques de Jake, il se poserait sûrement de grosses questions... Et me demanderait des comptes, puisque je lui ai dit être allé les voir. Remarqua l'anthropologiste. La meilleure solution serait de trouver les amis du lycéen, pour se faire une idée plus précise de la personnalité, voire des problèmes de Jake... Sauf que d'après ce que j'ai pu lire chez sa mère, il n'avait pas beaucoup d'amis... Donc soit peu de gens parvenaient à gagner sa confiance, ce qui sous-entend rait qu'il se savait différent, soit c'est un adolescent renfermé ne se confiant pas à ses camarades et la piste des amis se révélera être un cul-de-sac. Puisque nous jouons un contre-la-montre, autant minimiser les fausses pistes. Quelles autres options avons-nous, à part ça ? Je pourrais partir de mon côté, et sonder à petite échelle chaque quartier de la ville, ce qui prendrait des heures et ne m'assurerait aucun résultat ; l'hypothèse d'un enlèvement impliquerait qu'une demande de rançon ait été livrée à son foyer, ou qu'un appel anonyme ait décrit les exigences des ravisseurs à ses proches... Ce qui aurait mit fin à mon illusion télépathique. Les parents de Jake auraient forcément appelés les autorités, et l'inspecteur Ljungström l'aurait appris lors de son coup de téléphone... * Supposa l'intellectuel en chaise roulante, dont l'esprit puissant entrevoyant de moins en moins une issue favorable pour le mutant hurleur, qui n'était pas sans lui rappeler un certain Sean Cassidy.

« A en croire ses parents, notre disparu se montrait bizarrement agressif avec eux, ces derniers temps. Une modification du comportement mise sur le compte d'une consommation de drogue, selon Rosie Anderson... Et qui aurait pu expliquer que l'on tenta de lui dérober son sac. Un remboursement tardif constitue un motif d'agression très plausible pour un adolescent de l'âge de Jake. Toutefois... Inspecteur, diriez-vous que le lycéen que vous avez interrogé hier soir ressemblait à un drogué en manque ? Demanda l'octogénaire sans avoir l'air d'adhérer un seul instant à cette hypothèse, avant de rebondir sur la réponse de son interlocuteur. C'est également mon sentiment... Il me paraît nécessaire de nous rendre au Lycée du jeune garçon. Jake agit comme quelqu'un qui cache un lourd secret engageant sa responsabilité. Pas une chose dont il ait honte, mais qui néanmoins le pousse à ne pas revenir sous son toit. Peut-être soigne-t-il un animal qu'il a recueilli contre l'avis de ses parents ? Ou qu'il menait à bien un projet ?Les explications ne manquent pas... »

Revenir à la voiture du trentenaire, garée juste devant la façade du tabac, ne laissa pas assez de temps au télépathe pour explorer plus de pistes. S'ajoutait à cela une deuxième énigme à résoudre, tout aussi opaque. Un intriguant mystère que l'homme en costume noir désirait élucider. Une main apposée sur la portière du véhicule, Xavier s'assura d'un timbre neutre :

« C'est la première fois que vous vous retrouvez confronté à ce type de situation, n'est-ce pas ? » La question sonna terriblement inquisitrice, à tel point que Charles se crut obligé de sourire en plissant les yeux pour ne pas avoir l'air d'interroger un suspect.

* Sauf que si on a altéré sa mémoire pour en effacer un épisode particulier, l'encourager à s'en souvenir pourrait disperser, un très bref instant, l'illusion. Son cerveau, désorienté, lui renverrait alors des bribes d'images, peut-être un son... Rien d'exploitable en soi, mais le test reviendrait positif pour un effacement de la mémoire. Ce qui placerait un ou une télépathe au premier rang des suspects. * Établit mentalement le directeur d'institut dans un imperceptible frémissement des lèvres.
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Il faut le voir pour le croire ! [PV]
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