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 La 5éme colonne (Johann Schmidt)

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Steve Rogers

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MessageSujet: La 5éme colonne (Johann Schmidt)   Dim 1 Juil - 19:09

Manhattan, Aout 1941

Steve Rogers avait déjà fait ses valises. Le général Chester Phillips lui avait annoncé qu’il l’enverrait à Alamogordo pour des tests. Cela avait déçu le tout nouvel engagé dans les rangs de l’US Army. Même si le projet du super soldat dont il était le résultat était désormais mort et enterré à cause de l’assassinat de son concepteur, le défunt et brave docteur Abraham Erskine, Rogers disposait maintenant d’un physique sans égal et brûlait d’incorporer pleinement l’armée américaine comme soldat et non comme cobaye au fond d’un laboratoire du nouveau Mexique. Mais quelques jours avant son départ, il reçut un appel :

« Mr Rogers, le sénateur Brandt vous a convoqué à une réunion de la plus haute importance dans ses bureaux de Manhattan demain à 10h. »

Et c’est ainsi que Rogers se rendit le lendemain dans l’immeuble où travaillait le sénateur qui avait permis au projet du super soldat de voir le jour. Steve entra dans l’ascenseur et monta au 4éme étage vers les bureaux. Une secrétaire le fit entrer dans le lieu de travail du politicien où se tenaient dans des fauteuils de cuir assortis le sénateur en personne plus un nombre de grosses huiles tel que le natif de Brooklyn n’en avait jamais vu auparavant réunis en un tel endroit, sauf peut-être le soir qui avait vu le test réussit du sérum d’Erskine sur sa personne. Steve faisait pâle figure avec son simple uniforme basique de soldat de deuxième classe alors que les hommes présents portaient tous d’élégantes complets 3 pièces en tweed comme c’était la mode en cette année dans les rues de New York. Le sénateur était le mieux vêtu du lot avec son pantalon de velours et sa veste bordeaux. Il se leva et vint chaleureusement serrer la main de Steve tout en lui tapotant affectueusement l’épaule.

« Bienvenue mon garçon, messieurs, je vous présente l’appelé Steve Rogers qui a récemment intégré les forces de notre armée pour se prêter aux expériences du projet super soldat, chose réussit comme vous pouvez en juger par son physique robuste. Steve, de gauche à droite, je vous présente James Malloy, chroniqueur du New York Times en compagnie de son équipe de rédaction, Robert Stensland mon conseiller en matière d’images publiques, lui aussi avec ses collègues. Ici le major Bleichert qui est le responsable des relations publiques de l’armée de terre. Enfin Thad Green le directeur du Spotlight Theater de Broadway.»

Steve les salua tous d’un signe de tête timide avec un sourire peut assuré et vint s’assoir dans le fauteuil que lui désignait son hôte. Le conseiller du sénateur lui tendit aussitôt un journal.

« Lisez ceci jeune homme, comme vous pouvez le constater vous avez fait sensation dans la presse en poursuivant et en mettant hors d’état de nuire ce criminel qui a bassement assassiné ce savant à qui vous devez votre impressionnante carrure. Vous êtes devenus un héros ! Les journalistes n’ont que des propos flatteurs à votre encontre. Toutes mes félicitations. »

Steve se mit à déglutir et répondit d’une voix hésitante.

« Je n’ai fait que ce qu’il fallait, n’importe qui aurait été indigné à ma place par ce meurtre ignoble et aurait poursuivis ce malfrat pour… »

« Trêve de modestie jeune homme, si nous vous avons fait venir ici c’est justement à propos de ça. »

Le sénateur Brandt imposa le silence à son adjoint d’une pression amicale sur l’épaule et dit à Rogers.

« Mon garçon, le général Phillips veut vous envoyer dans les services de recherche de notre armée, un beau gâchis car vous pourriez mettre à profit votre nouvelle réputation fort flatteuse pour servir les intérêts de notre armée. Qu’en pensez-vous ? Voulez-vous vraiment servir votre pays ? »

Tous les regards étaient sur lui. Steve retint sa respiration et répondit :

« Mais oui bien sûr Monsieur le sénateur, ça a toujours été mon but et c’est un honneur de… »

« Parfait mon garçon c’est parfait ! »

Exulta le sénateur en se frottant les mains fort satisfait. Il poussa Steve vers l’ascenseur tout en serrant sa main et en parlant à toute vitesse.

« Voilà une bonne chose de faite, pardonnez-nous, mais j’ai encore beaucoup de choses à passer en revue avec ces messieurs, nous nous reverrons sous peu mon garçon, en attendant, Mr Green va vous expliquer votre nouveau rôle national. Et laissez-moi vous dire que vous avez pris la bonne décision. Le docteur Erskine aurait été fier de vous. »

Thad Green avait rejoint Steve juste avant que les portes de l’ascenseur ne se referment.

« Maintenant petit, causons un peu. On va faire de toi un vrai héros américain car tu sais, le public a besoin d’hommes carrés, de modèles, de patriotes qu’on a vraiment envie d’admirer, surtout si l’on en croit les rumeurs du grand chambard qui se prépare en Europe. Il semble que notre président ait envie de remettre ça avec les Fritz comme en 1917 même si le congrès n’y est pas favorable pour le moment. Mais ce n’est pas la question. Petit est-ce que tu connais le music-hall ? »

« Euh… non je n’ai jamais… »

« Tu sais danser ? »

« Quoi ? »

« Non ? Alors tu sais chanter ? »

« Mais je… »

« Ce n’est pas grave petit, ce n’est pas grave, tu présentes bien et tu as fier allure, reste comme tu es, pour le reste on s’en charge. »

Quelques jours plus tard

C’était un vestiaire dans l’établissement de Green sur broadway, le sénateur Brandt et les principaux responsables qu’il avait présentés à Rogers étaient présents pour examiner l’accoutrement du nouveau venu au sein de la propagande de l’US army. Steve sortit de la pièce où il s’était changé pour revêtir sa nouvelle panoplie, le couturier Sinclair Kendrick qui avait confectionné son habit de scène le suivit fièrement en le serrant de près. Steve s’arrêta devant les rideaux d’apparats qui servaient d’arrières plans aux prises de photos des nouvelles célébrités des comédies musicales de Broadway.

« Et bien mon garçon ? Que pensez-vous de votre uniforme ? »


« Je… ce n’est pas vraiment ce que je… »

Le major Bleichert l’interrompit en exposant sceptique :

« La bannière étoilée est quelque chose de fort intéressant comme concept patriotique pour un homme sensé représenter l’Amérique, cependant, pourquoi l’affubler de collants ? C’est peu spartiate et pas assez viril pour un soldat. »

Thad Green qui tournait autour de Rogers pour l’examiner rétorqua :

« On le sait bien, mais les collants sont plus utiles afin qu’il puisse effectuer quelques pas de danse et se déplace de façon plus fluide sur scène. N’oubliez pas qu’il interviendra dans le show-biz avec faste et paillettes.»

« Et ces petites ailes sur son masque ? Ce n’était pourtant pas dans le cahier des charges ? »

« C’est mon initiative personnelle, ma touche d’artiste. Je tenais à mettre ces ailes sur sa tête pour souligner la rapidité, l’agilité et la dextérité de notre homme. »

Clama Kendrick avec vanité. Le sénateur s’enthousiasma :

« Excellent Sinclair ! Excellent ! On n’aurait pas pu faire mieux ! »

Kendrick se dirigea vers le mur et fouilla dans une malle pour en sortir une épée en carton-pâte qu’il alla coller dans les mains de Rogers. Le major surprit demanda :

« Mais ? Nous n’avions pas choisi un fusil Remington pour le soldat Rogers ? »

« Si, mais une épée nous est apparu comme plus chevaleresque, plus noble et plus symbolique car il pourfend les ennemis de l’Amérique. »

Le journaliste du New York Times songea aussitôt.

« Très intéressant ce concept, mais cela apparait comme trop agressif, un bouclier serait de meilleur ton car notre soldat défend et protège l’Amérique avant tout. »

« Alors va pour le bouclier. Reste à choisir le nom de scène. Nous nous étions entendus pour Caporal America lors de notre dernière réunion si je me souviens bien. »

« Effectivement, mais Caporal est trop insignifiant, il faut souligner le caractère plus exceptionnel et valeureux du soldat. »

« Sergent America ? »

« Très bon, mais pas assez flamboyant car le sergent est un homme autoritaire qui mets au pas l’homme de troupe par un langage vulgaire. »

« Et si nous envisagions Colonel America ? »

« Non trop élevé, notre soldat symbole doit rester un officier proche du simple soldat de base qui combat sur le front, un homme de toutes les batailles qui ne reste pas en arrière comme les hauts officiers. »

« Vous pencheriez plus pour Captain America ? »

« Oui, voilà qui est fort convenable. »

« Brillant je dirais. »

« C’est exactement ce qu’il nous fallait. »

Le sénateur s’approcha de Rogers pour lui serrer chaudement la main.

« Félicitations mon garçon, vous venez d’être promus. »

3 mois plus tard

Le sénateur tout comme Thad Green avaient tenus parole. Steve Rogers était devenus la célébrité en vogue sur Broadway. Lorsqu’il avait fait salle comble tous les soirs de Septembre au spotlight theater, ils avaient répandus ses apparitions dans les music-halls de Broadway. Steve faisait ses numéros dansant en compagnie de charmantes danseuses au Persian Room et au Golden Theater. En novembre, son succès était tel qu’il était partis en tournée dans le New Jersey et le Maryland. Dans ses spectacles, Steve ne dansait pas vraiment, il arpentait les planches fièrement en bombant le torse et en brandissant son bouclier et pointant de temps en temps sa main vers le public en gestes théâtrales et dramatiques. Il clamait des phrases écrites par Green et accrochées en pense-bête sur le revers de son bouclier. Captain America œuvrait pour des collectes de fonds : rénovation de l’hôpital Brookhaven dans le Queens, ouverture d’une école dans Harlem. Collecte en faveur du relogement des victimes de bombardements en Angleterre et autre but humanitaires. Dès octobre l’armée avait sollicitéz l’éditeur d’aventures illustrées populaires, la maison DC Comics afin de publier les aventures de Captain America au jeune public. Il leur fut répondu froidement :

« Jamais ! Avec ce look ridicule on ne pourra jamais en faire un héros, on ne vendra pas un seul exemplaire ! Dans un an il sera oublié. De tous les héros de notre époque il est celui qui a le moins de chance de faire carrière et de rester graver dans le cœur du public. A l’aube du 21éme siècle il aura totalement disparus des mémoires, il s’effacera et n’auras aucune chance de ressusciter en un glorieux come-back, parole de DC comics ! Vous pouvez nous croire, on s’y connait en matière de héros charismatiques ! »

L’armée par dépit se tourna vers l’éditeur Marvel qui accepta sans rechigner avec audace de publier sur ce nouveau personnage peu commun. C’est ainsi que Captain America devint l’idole des enfants. En effet, il sauvait les chatons dans les arbres dès le comics n°1. Dans l’édition de la semaine suivante, Cap ramassait des pommes de terres dans les champs, les épluchaient toutes et les offrait à la soupe populaire. Dans le dernier numéro en date du 3 décembre, « Cap » sauvait des enfants d’un incendie et poursuivait en pleine rue un voyou qui avait volé un sac à main avant de l’assommer avec son bouclier et de le prendre par le col pour l’amener au commissariat de police. Rogers était devenus le héros de New York.


Il était jeune, il était beau, il était fort, il était sensible, il était modeste, il était altruiste et surtout il était patriote. Il était l’Amérique. Du moins comme l’Amérique avait envie de se considérer.

7 décembre 1941

Steve en descendant de scène en compagnie des danseuses fut assez étonné, la salle était à moitié vide. Même l’orchestre n’y comprenait rien. Une fois rhabillé, lorsqu’il sortit dans la rue, Rogers arpenta Manhattan intrigué. Des femmes étaient en pleurs sur le trottoir. Une religieuse tripotait un chapelet. Tous les gens qu’il croisa semblaient effondrés. Des yeux rouges, des sanglots, de l’effarement. Un groupe de gamins passa en courant en criant, l’un d’eux brandissait un drapeau des Etats-Unis. Rogers accosta un passant et le questionna.

« Qu’est-ce qu’il se passe monsieur ? »

« La nouvelle est tombée il y a quelques heures. Ce matin à 7h, les avions Jap ont tué nos petits gars. Cette fois on y est pour de bon mon vieux. »

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Dernière édition par Steve Rogers le Mar 3 Juil - 18:37, édité 2 fois
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Johann Schmidt

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MessageSujet: Re: La 5éme colonne (Johann Schmidt)   Mar 3 Juil - 17:49



Début juin 1941

Crâne Rouge observait New York avec ses jumelles. La ville brillait de mille feux, tel un phare en cette nuit noire. Le sous-marin le conduisant vers son objectif fendait des eaux calmes. Le calme marin quelque peu obscurcit par le clapotis de faibles vagues s'écrasant contre la carlingue du navire inspirait le cruel homme de pensées quasi littéraires. En abaissant les jumelles qu'il tenait fermement de ses deux mains gantés de cuir noir, Schmidt s'adressa au commandant de l'U-boat qui observait lui aussi l'ancienne New Asterdam.

« < New York. Un sourire malicieux se dessina sur son visage. Regardez moi cette insouciance. Aucune ville d'Europe ne brille autant sous peine d'être une cible de bombardements. Ils oublient que les mois de traversée en caravelle se sont transformées en semaines. Ils ne sont intouchables.Dies amerikanischen. Idioten ! Nous sommes assez proche. Que les hommes préparent le matériel et embarquent dans les canots pneumatiques. Nous allons rejoindre les agents de la Panthère Noire aux coordonnées qu'il nous a fournit. Restez en plongée le jour et ne remontez en surface que la nuit. Lorsque nous reprendrons contact, nous vous ferons des appels de lumières depuis la côte. > »

« Ja voll, Herr Rote Schädel ! »

Alors que les marins aidèrent les agents qui allaient infiltrés le pays de l'Oncle Sam dans les préparatifs de débarquement, Crâne Rouge descendit dans ses quartiers, enfila sa tenue civile avec le chapeau de feutre mou de même couleur qui lui est associé et vérifia le contenu du seul bagage qui mérite son attention. En ouvrant la valise, Johann put admirer le reflet doré des lingots d'or marqué de l'aigle nazi. Le commandant du navire, qui venait lui annoncer qu'ils n'attendaient plus que lui pour partir, vit cette marque distinctive et demanda, inquiet :

« N'est-ce pas risqué de monnayer avec des lingots de la Reichsbank ? »

Crâne Rouge lui adressa un grand sourire moqueur lorsqu'il se retourna en refermant la valise.

« Vous avez l'esprit trop étroit, Korvettenkapitan. Si vous étiez américain, vous ne verriez que de l'or. Quelque soit la marque qui y figure, je suis certain de trouver un preneur qui n'a pas autant d'états d'âme que vous. »

Le cruel tyran quitta le navire et prit place dans l'un des canots pneumatiques. Il se tint debout, un pied sur la proue de la minuscule embarcation qui prit la tête de ce groupe de canots. Se rapprochant d'une côte bordée de forêts, loin du tumulte de la ville, Crâne Rouge, debout dans cette position de conquérant, eut l'air d'un officier espagnol s'apprêtant à débarquer au Nouveau Monde en quête d'or, de sang et de gloire. Après quelques minutes d'efforts, les espions allemands touchèrent terre et furent accueillit silencieusement par des hommes armés de fusils-mitrailleurs. Ces derniers les saluèrent et les aidèrent à charger leurs caisses dans des camions. Les États-Unis d'Amérique venaient de laisser le plus grand ennemi de la liberté les infiltrer.


Cinq jours plus tard


Crâne Rouge ne mit que peu de temps à s'habituer à l'impérialisme américain. Un homme d'affaires peu scrupuleux lui avait échangé son or contre des dollars américains. Avec cette petite fortune en sa possession, le bras droit d'Hitler avait acquis un entrepôt à bateau dans le quartier abandonné de Red Hook à Brooklyn. Cette grande bâtisse dont une grande partie se situe sous le niveau de la mer lui permit d'entreposer l'U-boat en sûreté et, du fait de l'abandon du quartier, d'une grande discrétion. Du haut du bureau en hauteur du contremaître, Johann scrutait ses hommes en train de décharger les caisses les plus lourdes qu'il n'avait pu sortir lors de leur arrivée. De grandes quantités d'explosifs, d'armes et même des appareils de très haute technologie sortaient des entrailles du navire. Un homme, qu'il voyait monter les escalier d'acier depuis son entrée dans le bâtiment, arriva près de lui. Crâne Rouge qui gardait son regard sur la fourmilière humaine en contrebas connaissait l'identité de son interlocuteur qui la confirma par un tic unique en son genre : ouvrir et fermer son briquet.

« Kruger. Votre rapport. »

« J'ai réussit à me faire changer de service dans celui du sénateur Brandt pour atteindre Erskine. Ils ne se méfient pas de moi. Je peux l'approcher assez facilement, d'ailleurs. Donnez-m'en l'ordre et ce traître sera mort d'ici quelques jours. »

Crâne Rouge resta silencieux quelques instants. Le docteur Abraham Erskine était un brillant biochimiste allemand ayant travaillé sur la cas très spécial du surhumain John Steele, un puissant soldat américain capturé lors de la Grande Guerre, pour répliquer ses pouvoirs. Ce fut véritablement ce savant qui était le pilier de ce projet visant à créer des super-soldats nazis mais sa loyauté faibit au fur et à mesure qu'il assistait aux horreurs commissent par ses dirigeants. Cet imbécile de Zemo avait commit l'irréparable en testant l'une de ses inventions sur un cobaye humain et ainsi le pousser à demander l'aide des américains qui l'extradèrent peu après. Voilà près d'une année que Crâne Rouge le traque et il n'a plus qu'un mot à dire pour l'exécuter. De cette décision, il décidera involontairement le devenir du monde. Par chance, sa soif de pouvoir l'emporta sur sa soif de sang. Il venait de donner la victoire aux Alliés.

« Non. Ses recherches sont bien trop précieuses. Il n'a laissé aucun indice de ses travaux. Erskine est le seul à pouvoir créer des hommes supérieurs. Sa loyauté étant du côté des américains, il ne faut pas compter sur son retour parmi nous. Attendez qu'il ait terminé sa formule, tuez-le et prenez son sérum. Vous avez vos ordres. Rompez. »

Alors qu'Heinz Kruger, meilleur espion et assassin de Crâne Rouge, s'en alla, un autre agent en civil accosta son supérieur.

« Herr Crâne ! La Panthère Noire vous a donnée un rendez-vous ! »


Trois heures plus tard, Central Park

Johann était assis à un banc public et regardait les immenses building de la métropole du coin de l’œil. Il broyait du pain dur d'une main et lançait les morceaux broyés aux pigeons. Plusieurs dizaines de ces nuisibles picoraient en roucoulant devant lui. Ces volatiles, si insoucieux, si gros, prêt à se mettre aux pieds d'une figure de puissance pour une bouchée de pain... De vrais américains. Un homme en imperméable se promenant avec un journal sous le bras et un attaché-caisse s'installa à côté de Crâne Rouge. La discussion commença.

« Panthère Noire ou, devrais-je dire, "Fritz" Joubert Duquesne. Enchanté de faire votre connaissance. Avez-vous ce que j'ai réclamé ? »

L'espion sud-africain haissant les anglais avait ouvert son journal et faisait semblant de lire un article sur le Blitz s'abattant sur Londres.

« Tout y est. Du moins... tout ce que mes hommes ont collectés depuis ces dernières années. Une véritable mine d'informations. »

Sans un mot, Crâne Rouge jeta le reste de pain dur au sol, prit la valise contenant des informations secrètes et s'en alla en donnant un coup de pied léger à un pigeon se dodelinant trop lentement pour lui.


Début septembre

La mort d'Erskine était confirmée. Cela n'avait pas été facile à découvrir étant donné la recrudescence importante en matière de contre-espionnage mais Crâne Rouge en avait la confirmation. Hélas, Heinz Kruger n'avait pas su s'enfuir à temps et, en plus de perdre la vie, n'avait pas réussit à rapporter l'échantillon de sérum. Une grande perte en soit. Une bonne nouvelle s'accompagnant d'une moins bonne. Tout comme le reste de leurs opérations. Ces derniers mois avaient été cruciaux pour son réseau d'espionnage. Ses agents s'étaient sournoisement immiscés dans les hautes sphères de l'état, fournissant des données précieuses et paralysant parfois le bon fonctionnement de celles-ci mais, en contrepartie, le réseau d'espionnage de Duquesne s'était fait coffré par le FBI. Un certain Edgar Hoover, connu pour sa lutte contre le crime organisé et pour faire partie de l'équipe ayant tué John Dillinger, était responsable de cette débâcle.

« Monsieur, monsieur ! »

Hurla l'un de ses agents en entrant comme un possédé lorsqu'il enfonça la porte du bureau de Schmidt. Il accourut jusqu'au bureau sur lequel il s'appuya, haletant, visiblement épuisé. Crâne Rouge, confortablement assit dans le fauteuil en cuir, le regarda avec dégoût. Le nouvel arrivant était en effet sale après avoir couru dans des flaques de boue et faisait de la peine à regarder.


« Je ne vous ai pas convoqué, soldat. Allez-vous en. Votre présence m'insupporte. »

« Mais, monsieur,... ! »

« Vous êtes une insulte pour le Führer ! »

Grogna l'officier avec lequel Crâne Rouge était en train de parler. Le soldat réajusta sa tenue, coiffa rapidement ses cheveux avec ses doigts, reprit son souffle, fit un salut martial et insista, malgré l'ordre de son commandant, en déposant un article du Daily Bugle, un quotidien régional, sous les yeux de Schmidt. Sur une photographie, il put voir un homme portant un étrange costume étoilé sur une scène avec des danseuses.

« Qu'est-ce donc ? »

« C'est... c'est le super-soldat ! »

Johann prit le journal en main, fit une lecture approfondit de l'article, pensa à ses divers rapports d'espionnage parlant du Projet Renaissance et porta une attention particulière à la photographie puis, sans crier gare, ria aux éclats. Il se gaussa tellement puissamment que tous ses subordonnées en eurent la chair de poule et finit même par le faire tousser.

« Lieutenant ? Prenez-moi une place pour le spectacle de ce... De quel nom ridicule l'ont-ils affublés déjà ? Ah oui ! Kaptain Amerika ! »


Un mois plus tard, Broadway

Crâne Rouge riait, applaudissait et émettait la plupart des cris enthousiaste que le public l'entourant poussait à la vue du show se déroulant sous leurs yeux ébahis. Le Captain America brûlait les planches par des poses héroïques et faisait des discours pour encourager les spectateurs à se montrer généreux pendant que des danseuses souriantes chantaient et dansaient au milieu de décors en carton-pâte tricolore. L'agent allemand assit à côté de Schmidt, visiblement inquiet de la bonne humeur de ce dernier, lui demanda :

« Pourquoi êtes-vous si heureux de voir le succès de notre ennemi ? »


« Parce qu'il est grotesque ! Regardez-le ! Tout est pitoyable. Un costume pour clown et du surplus de patriotisme à en avoir la nausée. Cet homme est un Übermensch de sang mais il n'a pas la moindre once de fierté. Tellement de potentiels réduit au simple figurant de spectacle. Nous aurions pu avoir à faire à une division d'infanterie entièrement composée de super-soldats mais il est le seul de son genre et au lieu d'aider à la confection du sérum qui l'a transformé, il essaye d'arrondir les fins de mois des veuves et des orphelins. Londres est en ruines, nos armées marchent vers Moscou, le monde est embrasé par la guerre mais Kaptain Amerika est à Broadway ! Il montre à quel point ce pays est neutre, ridicule et stupide ! »


Mi-décembre 1941

Le Japon et l'Allemagne en guerre contre les États-Unis. Ça y est, l'Oncle Sam a sortit le fusil et est farouchement opposé au fascisme. Sa neutralité était toute relative de toute façon. Fournissant l’Angleterre en provisions de toute sorte, l’Amérique de Roosevelt avait choisi son camp très tôt. Malgré le climat oppressant de la guerre, la vie poursuivait son cours y compris à Broadway. Et en cette soirée, le Grand Sando se donnait en spectacle. Ce prestidigitateur de talent divertissait les foules avec des tours de magies surprenants. Il apparut dans un volute de fumée et salua la salle d'un air théâtrale. Son acolyte, un nain chauve nommé Omar, apparut et lui tendit sa baguette magique.


« Moi, Sando, suis revenu du monde de la magie pour vous dévoiler les puissances qu'elle renferme ! C'est sous vos yeux ébahis que le monde tel que vous le connaissez va changer ! »

S'en suivit plusieurs tours de magie très réaliste durant lesquels il fit apparaître des colombes, des bouquets de fleurs et des lapins. A d'autres occasions, il faisait disparaître des objets et même léviter son coéquipier de petite taille. Au bout d'un moment, Omar fit entrer une caisse de bois et l'installa au milieu de la scène.

« Cette boite est un portail mystique vers d'autres mondes ! Par ma simple volonté, je peux invoquer l'esprit qui y réside pour que s'ouvre le lien unissant notre dimension avec la leur ! Il me faut un volontaire ! »

Puis il observa la salle du regard et pointa sa baguette vers le général Curtis de l'US Air Force. Ce dernier, poussé par la foule accepta à contrecœur de se prêter au jeu et entra dans la boite rectangulaire. Le Grand Sando fit des incantations sans queue ni tête tandis que le sol sous les pieds de Curtis se dérobèrent. Le militaire tomba dans les bras de deux individus qui s'empressèrent de lui coller du coton imbibé de chloroforme sur le nez. De son côté, Sando planta des sabres dans la boite vide sous le regard effaré de la foule qui applaudit à tout rompre lorsqu'il l'ouvrit. Un quart d'heure plus tard, Sando faisait encore ses tours de passe-passe sans inquiéter outre-mesure les spectateurs. Seuls ses plus proches collaborateurs semblèrent s'en préoccuper. Dans les coulisses, deux hommes transportaient un tapis dont deux pieds nus en dépassaient. Ils se dirigeaient vers l'arrière cour et, alors qu'ils l'avaient mis dans une camionnette, l'un d'eux vit un militaire en uniforme qui les avait surpris.

« On décroche ! Vite ! »

Ils grimpèrent dans le véhicule et fonçèrent vers la sortie tout en essayant d'écraser l'intrus. Ce dernier esquiva aisément mais ne put les suivre. Ils s'étaient enfuis.


Une demi-heure plus tard

Le spectacle de magie s'était terminé et tous les spectaterus étaient partis, visiblement satisfaits de leur soirée. Par contre, dans les coulisses, Sando et Omar se fâchèrent avec les policiers accompagnant un capitaine de l'armée et des officiers de l'US Air Force.

« Je regrette, messieurs, mais c'est hommes affirment que le général Curtis nous plus donné signe de vie dès qu'il est entré dans cette boite. Quant à ce capitaine, il nous a dit qu'il a vu des hommes transporter un homme dans un tapis mais a perdu leurs traces lorsqu'ils ont fuit dans un véhicule. Troublant, n'est-ce pas ? Il semblerait que les deux affaires soient liées. »

« C'est absurde, monsieur l'agent ! Je fais de la magie, pas du kidnapping ! Ah... je comprends mieux ! C'est parce que je suis d'origine allemande. C'est pour ça ?! C'est insultant ! Et je proteste ! »

Tempêta Sando en braquant sa baguette sous le nez du policier. Une porte des loges s'ouvrit derrière eux et une voix mielleuse supplanta celle du magicien. L'homme, vêtu d'un beau trois-pièces, s'approcha du groupe.

« Messieurs. Y a t-il quelque chose que je puisse faire pour vous être utile ? »

« Oui. Dites-nous ce que vous savez sur le général Curtis. Qu'en avez-vous fait ? »

« Curtis ? Ah ! Oui ! Vous parlez de ce charmant officier. Veuillez patienter. Mon général ? »

Répondit Crâne Rouge en haussant le ton à la dernière phrase. Le général Curtis sortit de la salle où Schmidt venait de faire son apparition et remit sa casquette sur sa tête.

« Eh bien. Ne puis-je donc pas discuter tranquillement de magie avec ces artistes ? Hmmm... Ce n'est pas grave. Vous voyez. Je suis bel et bien là, avec vous. Colonel ? Raccompagnez-moi à la base. Il se fait tard. Au fait, capitaine, je parlerais de votre zèle à vos supérieurs. Rompez. »

Les officiers de l'armée de l'air se dépêchèrent d'accompagner leur supérieur à leur jeep tandis que les policiers présentèrent leurs excuses les plus plates pour le désagrément causé. Crâne Rouge regarda fixement le capitaine à la chevelure blonde et eut l'impression de le connaître. Il le salua d'un simple mouvement de tête avant de coincer son porte-cigarette dans le coin de sa bouche et s'en aller dans l'une des loges.


Dix minutes plus tôt, dans la loge

L'agent qui enfilait l'uniforme de général toussait en se tenant la gorge. Il avait l'air d'avoir très mal. Crâne Rouge, qui regardait deux autres agents l'aidant à s'habiller, le réprimanda.

« J'ai mal ! Kof kof ! Ma... gorge me brûle ! »

Se plaignait le sosie parfait du général. Un brillant chirurgien était parvenu à modeler son visage pour qu'il ressemble trait pour trait à celui de Curtis. Quant à sa voix, un appareil directement greffé à ses cordes vocales lui permet d'avoir la même voix.

« Je me moque de votre douleur, soldat. Cessez immédiatement cette comédie et pensez à la tâche qui vous a été confiée. »

Deux jours plus tard, le faux général Curtis et un complice faisaient sauter le dépôt de munitions de la base aérienne de Lehigh. Les deux malfrats furent ensuite poursuivit jusqu'à un hangar à avions où ils mirent fin à leur jour avec le reste des explosifs en leur possession ne laissant ainsi aucun indice.


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Steve Rogers

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MessageSujet: Re: La 5éme colonne (Johann Schmidt)   Dim 8 Juil - 7:10

A force de côtoyer le monde du show-biz sur Broadway, Steve Rogers avait finis par croire qu’il en faisait partis. Depuis le 9 décembre 1941, une directive était tombée pour tous les soldats postés à New York, ordre d’être en permanence en uniforme et non en vêtement civil, même s’il faudrait des mois avant que les recrues ne puissent rejoindre le pacifique ou l’Europe. Il fallait montrer aux civils que l’Amérique était en guerre et était prête afin de supprimer les dernières pensées isolationnistes dans la population et les sortir de l’apathie due à Pearl Harbor qui les avait abasourdis. C’est donc dans son uniforme de capitaine de l’US Army, tout neuf et tout rutilant que Rogers se baladait désormais dans les rues de la grande pomme lorsqu’il ne montait pas sur scène pour jouer son rôle de propagande.

Ce soir de décembre, il assistait à l’une des représentations de Sando, le grand prestidigitateur en vue sur Broadway. Rogers était parmi les sous-officiers au second rang juste derrière le rang d’honneur des hauts gradés invités au spectacle. Steve écouta discrètement le général Curtis de l’US air force qui semblait plus absorbé dans une conversation avec ses collègues que par les tours de magie.

« Les jeunes hommes sont indignés par la perfidie de Pearl Harbor. Ils se portent volontaires en masse dans la Navy et dans le corps des marines qui n’engagent pas d’appelés. Mais la simple armée de terre prévoit une conscription 10 fois plus importante que l’année dernière. Il y a 2 ans, on ne comptait que 174 000 soldats soit moins qu’au Portugal ! L’année dernière le secrétaire d’état à la défense prévoyait un an d’entrainement pour 1,4 millions de soldats en cas de conflits, mais ils vont devoir revoir le délai à la baisse, l’intervention est urgente. En attendant nos médecins s’inquiètent de la condition physique de certains conscrits. En particulier les habitants des régions industrielles et des Etats du sud. »

Tout ceci rappela à Rogers les jours décisifs où il avait tenté de rejoindre l’armée sans succès à cause de sa faiblesse physique. Il sentit alors l’inquiétude monter en lui en considérant les difficultés à mobiliser la population. Voilà qu’elle était sa mission, convaincre les gens de s’engager pour leur pays et avec son rôle de scène, il pouvait le faire.

Le général fut appelé par le magicien et se prêta à un tour, mais en ne le voyant pas revenir, l’aide de camp de Curtis se tourna vers Rogers et lui demanda :

« Captain, le général n’est pas encore revenus, allez donc faire un tour dans les coulisses pour voir ce qu’il en est »

Rogers se leva donc avec diligence pour aller vérifier. C’est en passant dans une réserve de décors sous la scène, que Steve aperçut deux hommes en train de se hâter d’emmener un tapis enveloppant très certainement un individu au vu des pieds qui en dépassaient. Rogers intrigué les suivit mais alors qu’il comprenait tout à coup qu’il s’agissait d’un kidnapping, les ravisseurs s’étaient déjà embarqués dans une camionnette pour fuir. Il les poursuivit en courant dans la cour et le véhicule s’empressait de faire son demi-tour pour rejoindre la grille de sortie en faisant crisser ses pneus. Il fonça sur Rogers qui plongea à terre afin de l’esquiver. Il se releva inquiet en voyant l’engin disparaître sur l’une des avenues de New York.

Rogers revint en toute hâte dans la salle pour prévenir les militaires et ni une ni deux, dès la fin du spectacle, ils demandaient des comptes au magicien tout en étant accompagné de policier. Très vite, un individu d’une rare élégance intervint pour mettre fin au malentendu.

Son visage cherchait à prendre une expression bienveillante, mais Steve Rogers ne put s’empêcher de frémir en le voyant s’approcher d’eux. Malgré ses vêtements civils, il possédait une allure toute martiale qui n’était pas sans rappeler ces militaires prussiens. Sa silhouette était athlétique et ses membres semblaient forts et puissants sous son costume malgré sa sveltesse. Il y avait quelque chose d’inquiétant dans son aspect. Il semblait être plus une ombre qu’un être vivant, sa face était pâle et il y avait quelque chose de particulièrement douloureux dans son regard. Toute sa physionomie indiquait que par sa propre volonté il avait discipliné tout son corps et ses émotions pour atteindre une sorte de perfection martiale. La sévérité dominait sur son visage malgré son sourire. Et ses yeux étaient si intense que d’un seul regard il pouvait pénétrer le cœur de celui qui parlait et lire ses pensées secrètes. Si bien qu’on avait du mal à supporter d’être fixé par cet individu.

Une fois le général revenus, l’attroupement se dispersa, Rogers fut le dernier à partir, il resta immobile a observer avec intérêt et mauvais pressentiment l’homme élégant qui semblait lourd de menace par sa simple présence. Deux jours plus tard, c’est complétement effaré que Rogers apprit la mort du général Curtis qui avait inexplicablement et honteusement trahis la patrie en détruisant un dépôt de munition et en mettant ensuite fin à ses jours de façon spectaculaire. Même sur le sol américain pas encore touché par la guerre, le commun des mortels se retrouvait plongé dans la tourmente du conflit.

19 décembre 1941

Rogers était assis dans son vestiaire sur Broadway, il avait une loge pour lui tout seul, comme s’il était une grande star. Il avait un grand miroir d’acteur de cinéma, un casier cadenassé pour son uniforme de scène afin qu’on ne le lui dérobe pas et avait même des fleurs entassées dans un coin qui avaient été envoyées par des admiratrices qui s’entichaient de sa personne. Rogers réglait le bouton du poste radio qui grésillait avant de retransmettre l’émission d’information de la NBC.

« Les Etats-Unis sont sur le pied de guerre ! Le sénat et la chambre des représentants viennent de voter la loi qui confère au président Roosevelt les pouvoirs exceptionnels en temps de guerre. Ainsi le leader de la nation à décrété que l’âge minimal pour effectuer le service militaire passe de 21 à 19 ans pour permettre d’appeler sous les drapeaux 3 millions d’hommes supplémentaires. Notre président a désormais le droit de censurer la presse, de gérer la propriété de l’ennemi aux Etats-Unis (estimée à 7 milliards de dollars) et d’adjuger des contrats d’armements sans appel d’offre préalable. »

Rogers éteignit la radio avec rage. Pourquoi le pays de la bannière étoilée se laissait-il aller à ces dérives ? N’était-il pas un phare pour le monde ? La nation de la liberté, où était donc passé l’idéal américain ? Heureusement qu’il avait toute confiance envers le bon et grand président Roosevelt qui les avait sortis de la crise, mais il maudissait les imbéciles du congrès qui avaient eu la mauvaise idée d’adopter ces mesures radicales.

Il s’habilla lentement, très lentement, retirant ses vêtements et enfilant ses collants et son masque ailé. Puis saisissant son bouclier en métal de médiocre qualité, il resta debout face au miroir à contempler son reflet.

Il était le symbole de l’Amérique pas parce qu’il l’avait voulu mais parce que d’autres l’avaient choisis, il l’était non pas parce qu’il le voulait mais parce qu’il le devait et que rien n’étais plus grand que de renoncer à tout pour son pays, pour ses convictions, mais qu’elles étaient ses convictions ? Rogers s’interrogeait. Une heure plus tard alors qu’il méditait encore, Thad Green son manager fit irruption dans sa loge et lui annonça triomphalement :

« La salle est pleine à craquer ! Personne ne veut manquer la grande première de Captain America pour l’entrée en guerre de l’oncle Sam ! Vas y petit, c’est à toi de jouer. »

Ils marchèrent dans les coulisses devant les machinistes et les employés qui observaient Cap, la grande star de la soirée. Green étaient plus qu’enthousiaste.

« Le sénateur du Maryland est venus spécialement pour toi, George Marshall notre chef d’état-major interarmées est là lui aussi, sans compter les dizaines de journalistes. Des centaines et des centaines de spectateurs comme j’en ai rarement vu, tu fais salle comble Steve ! Allez ! En piste !»



Et Rogers avança sur la scène face à son public, mais pas d’un pas dansant comme à son habitude. Il faisait face à une foule d’officiels et de notables comme il n’en avait jamais vu jusqu’ici. Et il fit les yeux ronds devant une chose qu’il n’aurait jamais cru voir. Des caméras de cinéma étaient postées dans la salle et des manœuvres avaient l’œil collé sur lui tout en tournant les manivelles pour filmer. Il serait diffusé dans tout le pays au cours du mois, de Chicago à Denver en passant par San Francisco.

Les danseuses autours de lui effectuais leur numéro sourire aux lèvres et un figurant déguisé en japonais avec l’uniforme classique de l’armée impériale du soleil levant, fonça sur Captain America. Il brandissait un faux sabre de samouraï en carton. Rogers fit semblant d’échanger des coups avec lui, la lame en carton se déchira en frappant son bouclier étoilé et Cap l’étala au sol d’un faux uppercut du droit. Puis ce fut au tour d’un figurant fasciste italien en chemise noire de foncer sur Cap qui l’étala lui aussi pour le compte. Un figurant vêtu en soldat allemand s’avança à son tour puis prit finalement la fuite comme un couard lorsque Captain fonça sur lui sous les cris hilares et les acclamations du public. Enfin le symbole vivant de l’Amérique s’avança vers le public pour effectuer son grand discours. Il se mit à lire les penses bêtes accrochés à son bouclier comme à son habitude.

« Achetez les bons de la victoire ! Pour chaque bon acheté, vous équiperez notre glorieuse armée. Vous donnerez du carburant à nos navires, des munitions à nos fusils, du… »

Il s’interrompit et baissa la tête de façon pensive. En coulisse Thad Green s’inquiéta en observant son poulain.

« Mais enfin ? Qu’est-ce qu’il fait ? »

Captain America, sous les pleins feux des projecteurs releva la tête et commença un tout autre discours sur une voix pleine de convictions. Green paniqua :

« Bordel non ! Il ne regarde même plus son bouclier mais la foule ! Ne me dîtes pas qu’il improvise ? »


« Mes amis ! Je suis heureux d’être avec vous ce soir. Si je m’adresse à vous c’est que l’heure est grave. Pendant trop longtemps nous avons ignoré ces fous qui voulaient plonger le monde dans les flammes et nous les avons laissé faire. Où étions-nous lorsque les Mitsubishi ont rayé Shangaï de la carte avec leurs bombes incendiaires ? Où étions-nous lorsque les chars italiens ont marché sur l’Ethiopie ? Où étions-nous lorsque les ailes de la Luftwaffe ont survolées Guernica ? Où étions-nous lorsque les japonais ont saccagé Nankin ? Où étions-nous lorsque les habitants de Vienne pleuraient pendant que les allemands marchaient au pas de l’oie dans leurs rues ? Où étions-nous lorsqu’ils réduisaient Londres en cendres et dévastaient l’Ukraine ? Où étions-nous je vous le demande ? Nous étions-ici même et n’avons rien fait. »

Un lourd silence venait de s’abattre dans l’assistance, Captain leva brusquement son poing en l’air et martela :

« Mais il n’est pas encore trop tard. Nous nous sommes levés et nous faisons face. Bientôt du ciel nos avions répandront la peur chez ces fous qui gouvernent Berlin, bientôt sur les flots de l’Atlantique au pacifique, nos navires mettront en déroute ces pirates qui se livrent à une guerre de course qui frappe les innocents, bientôt nos armées prendront d’assaut l’Europe et l’Asie pour libérer les peuples soumis et une fois encore l’Amérique montrera qu’elle est la nation de la liberté. L’idéal Américain même. Nous combattrons jusqu’à notre dernier souffle car songez-y bien, imaginez ce qui nous attends si le monde entier tombe sous l’organisation tentaculaire du totalitarisme ? Lorsque toutes les civilisations seront tombées, que restera-t-il ? Rien, l’Amérique sera bien isolée et sera condamnée. Elle sera la dernière cible sur la carte de guerre du Führer, du Duce et de l’Empereur du soleil levant. Il n’y a qu’un seul moyen pour éviter que ce sombre futur ne s’abatte sur nous, nous battre ! »

Captain America s’approcha encore un peu plus du rebord de la scène, donnant ainsi sans le vouloir, une image de lui encore plus proche, plus intime et plus dramatique.

« Lutter héroïquement dans ces temps sombres et l’époque deviendra glorieuse pour tous les défenseurs de la liberté. L’idée même du héros, voilà ce qui nous donnera la victoire, que des milliers de héros se lèvent pour défendre notre pays, que ces héros n’aient pas peur de quitter leurs foyers et leurs familles pour servir la plus noble des causes. Qu’ils dépassent leurs propre limites dans l’adversité et aillent plus loin encore, ils deviendront si je puis dire des super-héros en devenant des symboles, car en cet époque troublée, ils ont une toute autre signification. Engagez-vous dans l’US Army, l’Amérique a besoin de vous, l’oncle Sam a besoin de vous, Roosevelt a besoin de vous. »

La foule entière retint son souffle alors que Cap conclura par un vibrant et passionné :

« I want you for US Army»

Tout en les pointant du doigt.

Et ce fut une ovation à nul autre pareil, les fleurs se mirent à pleuvoir sur la scène, la foule applaudissait à tout rompre et sifflait, les acclamations se superposaient les unes aux autres. Les flashs des appareils photos des journalistes crépitaient. Peu après ce discours à succès qui était le plus retentissant aux Etats-Unis depuis celui de Roosevelt à propos de l’infamie de Pearl Harbor, Captain America se rendit dans le grand hall pour donner des autographes et se faire photographier avec les spectateurs. Les gens faisaient la queue pour ça.


Le général George Marshall eut droit à son autographe, le sénateur Brandt eut droit à sa photo. Tous voulaient croiser Cap en personne, tous voulaient lui parler. Des femmes l’embrassèrent, des gamins exultaient et voulaient toucher son bouclier.

Plus les gens défilaient pour lui parler et être à ses côtés, plus Rogers songeaient à ses convictions.

Il était l’Amérique, ses convictions et celles de son pays étaient les mêmes.

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Johann Schmidt

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MessageSujet: Re: La 5éme colonne (Johann Schmidt)   Mar 10 Juil - 21:22

19 décembre 1941

L'annonce de l'entrée en guerre des États-Unis avait rendu Captain America de plus en plus populaire. Du sauvetage de chatons coincés en haut des arbres, le héros de la nation affrontait des acteurs déguisés en ennemis fasciste. Cet engouement populaire pour ce faiseur de patriotisme commençait à rendre ce super-soldat comique en source à problèmes. Bien évidemment, Crâne Rouge n'aurait manqué pour rien au monde cette soirée afin de constater par lui-même l'évolution de Captain America. La présence de caméras et de personnalités de milieux différents augmenta ses craintes.


Tout au long du spectacle, Johann resta amer tout au long de la chanson malgré la faible prestation du super-soldat hésitant et les mauvaises scènes de combats où les acteurs jouant les méchants fascistes s'écroulaient bien avant le faux uppercut du capitaine en collants bleu. Soudain, à la surprise générale, Captain America se lança dans un discours énergique sur le désastreux résultat de leur isolationnisme sur les pays envahis par les forces de l'Axe, de l'avenir sombre se profilant à l'horizon si aucun combat contre les tyrannies ne s'effectue et du besoin urgent de soldats rêvant d'un monde libre. La salle fut en délire, les acclamations fusèrent de toutes parts, des hourras vibrants éclatants recouvrirent les applaudissements de tous les spectateurs présents et même des chapeaux volèrent dans les airs. Johann, quant à lui, fut le seul individu à ne pas user de ses cordes vocales et encore moins de ses zygomatiques. Il resta assis, l'air agacé mais applaudit pour ne pas attirer l'attention sur sa personne.

Après ce franc succès adressé à l'orateur tricolore qui lui firent penser aux monologues du Führer, Crâne Rouge voulu en savoir plus sur ce dangereux tribun et, pour ce faire, décida de s'en approcher en rejoignant la file d'attente. Des gamins surexcités demandèrent un autographe à leur héros, des femmes de tous âges s'agrippèrent fermement à bras musclé de cet Apollon en déguisement pour avoir une photographie de leur idole et des politiciens se firent prendre en photo en serrant la main du médiatique porteur de la bannière étoilée. Quand ce fut son tour de poser avec le super-soldat, le criminel de guerre en costume de bal couleur blanc se fendit d'un petit sourire amusé.


« Kaptain Amerika ! Quelle joie pour moi de faire enfin votre connaissance ! J'ai commencé à collectionner vos... Comment appelez-ça ? Ces magazines pour enfants remplis de caricatures. Ah oui ! Des comics ! Fascinant. Je suis votre plus grand fan... du moins, du côté de la rive est du Rhin. »

Alors que Crâne Rouge semblait ravi de serrer la main de Captain America, après la lui avoir prit quasiment de force, le héros portant un bouclier eut l'air perplexe.

« Sacré poigne. Sans lâcher la main du super-soldat, il se mit à ses côtés et lui serra la main de plus belle devant le photographe. Est-ce mon accent qui vous perturbe ? Faire fuir un acteur déguisé en fantassin de la Wehrmacht puis serrer la main d'un véritable allemand, je peux comprendre votre indécision mais je ne suis pas un nazi. Soyez sans crainte, vous n'avez pas besoin de me regarder comme si j'étais votre pire ennemi. Le flash se produisit, on lui donna la photo et la tendit à son tour à Captain America. Pourriez-vous me la dédicacer ? Merci. En parlant de votre prestation, vous avez songé à changer d'aventures dans vos comics ? Par exemple, combattre les nazis à la place des gestes civique ? »

Sa remarque fut surprise par Thad Green et l'un de ses assistants.

« Tu penses à la même chose que moi ? »

« Bien évidemment. Cap' devrait entrer en scène avec un aigle sur le bras. »

« Mais non ! Changer les comics en y incluant ce que fait Cap' sur scène. »

« Danser ? »

« Non. Taper des fascistes ! »

« Excellente idée ! J'imagine déjà la première couverture : Captain America bottant les fesses d'Hitler ! »

« C'est pas mal mais le bottage de derrières est un peu trop burlesque. Il faut une image plus héroïque, un vrai combat. »

« Il l’assomme d'un coup de poing ? Il est en plein milieu d'une bande de nazis armés qui lui tire dessus ? »

« Génial ! Contacte la maison d'édition !... Au fait, ton idée d'aigle sur le bras est pas mauvaise. On pourrait aussi mettre un Oncle Sam sur des échasses ! »

Alors que les deux imprésarios de Steve imaginait l'avenir de leur protégé, Johann serra une toute dernière fois la main de son alter-égo américain.

« J'ai été ravi de vous rencontrer. Vraiment. J'espère vous revoir très bientôt ! »


Le lendemain matin, QG secret de Crâne Rouge

Enfermé dans son bureau, Johann passait au crible tous les documents concernant Steve Rogers afin d'en savoir plus sur ce trouble fête patriote. Alors qu'il s'attardait sur la mort de Sarah Rogers, un individu en civil entra dans la pièce et salua son maître dans un claquement de talons sonore. Crâne Rouge le regarda avec dédain puis, abandonnant sa lecture, se leva.


« J'ai une importante mission pour votre équipe, lieutenant Ritter. Dans ce dossier, vous trouverez les cibles que vous devrez capturer vivants. Ils se trouvent tous dans un complexe souterrain au cœur de New York. Agissez prudemment, ne vous faites pas remarquer et revenez à la base avec vos cibles. »

« A vos ordres ! »

« Et surtout... ne me décevez pas. La moindre blessure, perte ou absence dans les cibles vous coûtera cher. »


L'après-midi, Brooklyn

En étudiant la vie de Steve Rogers, le bras droit d'Hitler sut qu'il pourrait le débusquer dans ce quartier désœuvré de New York. Il élabora un ingénieux stratagème qui ne manquera pas d'attirer le super-soldat d'autant plus qu'il va s'arranger pour passer dans les zones où ce dernier visite le plus souvent.



Sirènes hurlantes, les voitures de police poursuivaient la voiture volée à travers plusieurs quartiers de New York. Commençant la course poursuite de Broadway et s'achevant avec fracas à Brooklyn, le véhicule du voleur s'écrasa contre un lampadaire. Presque aussitôt, le malfrat portant un béret prit la fuite à pied en empruntant les ruelles ce qui força des policiers de le poursuivre à leur tour à la seule force de leurs jambes tandis que leurs collègues en voitures essayèrent de bloquer la route du voleur en faisant le tour des pâtés de maisons. La seule voiture civile s'étant mêlé à la course aux côtés des forces de police s'arrêta devant la ruelle dans laquelle le bandit s'était enfoncé d'où sortit Crâne Rouge qui talonna les forces de l'ordre sans éprouver de mal à les rattraper. En son fort intérieur, il exultait de joie à participer à cette mascarade grandeur nature entièrement édifié par ses soins. Le meilleur sprinteur d'HYDRA s'enfuyant avec la caisse du théâtre où se produit le magicien Sando, il fait semblant de s'écraser à Brooklyn et garde une distance suffisante jusqu'à ce qu'un homme étant suffisamment rapide pour le dépasser parvienne à l'attraper. Il n'y a qu'un seul homme capable de battre ce sprinteur là et étant aussi le seul super-soldat au monde, c'est l'idéal.

« Arrêtez-le ! »

Renversant exprès des passants sur son passage, se faufilant aisément parmi les voitures et empruntant des ruelles étroites, le voleur exécutait parfaitement son rôle. Parfois des policiers lui barrèrent la route mais soit ils prenaient la tangente soit ils les esquivaient avec aisance. Certains citoyens tentèrent de l'arrêter, d'autres lui lancèrent des légumes mais rien ne put le faire ralentir. A certains moments, il les distança tellement que l'agent d'HYDRA dû faire semblant de trébucher ou de réapparaître subitement dans une rue bondée de policiers pour continuer la traque.

« Whoa ! C'est quoi ça ! »

S'écria un passant en pointant du doigt un officier de l'armée américain en train de sauter par dessus des capots de voiture et courant à la vitesse d'un bolide. Même Crâne Rouge ne put s'empêcher d'être éberlué lorsque le super-soldat en "civil" passa comme une fusée à côté du groupe de policiers à bout de souffle dans lequel il se trouvait et sentit la petite bourrasque de vent qui suivait le super-héros. En voyant cet athlète accomplit le courser, le voleur prit peur et mit la gomme mais cela ne fit que retarder l'inévitable car tel un footballeur américain, Captain America se jeta sur lui, l'attrapant par les jambes, et le plaqua au sol. Sitôt menotté, les policiers, qu'ils soient ou non en train de cracher leurs poumons, se mirent à congratuler Steve Rogers. Ce dernier se vit même recevoir des fruits d'un commerçant local pour le remercier d'avoir mit la main sur un malfaiteur.

« Bravo mon gars ! T'es un vrai héros ! »

« Ouais ! Après la guerre, rejoins nos rangs, on aura bien besoin de types comme toi ! »

« Hey ! Mais c'est Steve Rogers ! C'est Captain America ! »

« Je savais que c'était un héros ! »

« Moi le premier ! »

« Pour le héros que l'Amérique attendait, je veux un hourra ! »

« Hip ! Hip ! Hip ! Hourra ! »

Alors que les policiers donnèrent de grandes tapes amicales dans le dos du sauveur du monde libre et surtout, pour le moment, d'un théâtre aux mains d'espions nazis, l'un des agents de l'ordre prit le sac contenant l'argent et le remit aux mains de Johann qui venait d'arriver devant Steve.

« Merci infiniment, Kaptain Amerika ! Mais... je vous reconnais ! Vous êtes le capitaine qui étiez présent à la prestation de Sando ! Quelle coïncidence ! Vous êtes mon idole et mon sauveur ! Venez ! Je vous offre un verre. Ne soyez pas timide. Venez. Je tiens à vous remercier pour ce que vous avez fait. »

Les deux hommes s'attablèrent dans un petit bar et commandèrent à boire. Les policiers les quittèrent peu à peu surtout lorsqu'ils virent deux jeeps Willys, apparues depuis peu dans le commun des mortels, encadrer un camion de l'armée remplit de soldats portant le sigle MP caractéristique de la police militaire. Curieux, les policiers observèrent les voitures puis retournèrent à leur patrouille dès que l'escorte passa au feu vert. Johann sourit à son invité.


« Je me présente. Schmidt. Johann Schmidt. J'ai appris la triste fin du général Curtis. Quand je pense que j'ai prit un verre avec ce brave homme la veille de son décès. C'est... dramatique. Enfin... nous devons voir l'avenir. C'est le plus important. Le votre sera grand, c'est certain mais pas grandiose malheureusement. Vous avez un grand potentiel mais il est gâché par votre soumission à votre gouvernement. Vous vous laissez guider bien servilement alors que vous pourriez faire bien plus. C'est bien triste. »

Il but une gorgée et reprit.

« Ne le prenez pas mal, Kaptain. Ce monde est cruel et vous avez la capacité de faire partie intégrante de l'Histoire mais tout ça est obscurcit par votre idéalisme et votre allégeance. Oui, c'est honorable de vouloir combattre le totalitarisme mais... n'est-ce pas un peu tard ? Votre discours aurait dû se faire bien avant l'entrée en guerre. Vous voulez défendre la liberté des pays asservit mais vous ne le faites qu'après l'entrée en guerre. C'est tellement opportuniste. Et vous, où étiez-vous quand les chars italiens écrasaient les éthiopiens armés de lances ? Où étiez-vous lorsque le Japon s'est emparé de la Chine ? Où étiez-vous lorsque la Légion Condor a rasée la ville de Guernica ? L'isolationnisme américain a été synonyme de non-assistance à personnes en danger. »

Il reprit une nouvelle gorgée, intérieurement satisfait de briser impitoyablement la volonté de Captain afin de détruire ce porte-parole endoctrinant des masses de volontaires.

« Parlons de votre gouvernement. Vous vous croyez meilleur que nous parce que vous êtes une démocratie ? L'Allemagne en était une mais à cause de vous, ce n'est plus le cas. Oh... ne faites pas cette tête d'ahuri, Kaptain. C'est à cause de Wall Street que le monde a basculer dans la plus grande crise financière de tous les temps. Le pain se vendait plusieurs milliards de marks, des parents soviétiques affamés ont mangés leurs enfants, tout ça à cause d'hommes d'affaires véreux américains. Troisième Reich et États-Unis sont semblables, ne vous fourvoyez pas. Les industriels sont logés à la même enseigne des deux côtés. Si le destin aurait voulu que ce soit l'URSS qui attaque Pearl Harbor, il se pourrait bien que nous soyons frères d'armes. Le communisme n'est-il pas l'ennemi héréditaire de l'Oncle Sam et pourtant, vous n'assommez pas de commissaires politiques. Et votre président... le voilà presque intouchable et possédant les pleins pouvoirs. »

Il termina son verre et se leva.

« Opportunisme. Voilà ce qui régit réellement ce monde. Ouvrez-les yeux et acceptez cette vérité. Vous valez mieux qu'un simple danseur de music-hall. Vous pensez défendre le drapeau mais vous ne faites que défendre les intérêts des plus riches. Il n'y a pas de libertés là-dedans. Vous pouvez aussi ignorer tout ce que je viens de vous dire et vous préparez pour le prochain spectacle tandis que tous vos idéaux ne sont qu'une façade pour dissimuler ce qui vous répugne le plus. Soyez opportuniste, comme moi, même un petit peu. Profitez de ce que vous êtes et saisissez votre chance. »

Johann jeta quelques pièces sur la table, tapota l'épaule de Cap' et s'en alla en concluant :

« Ravi d'avoir pu discuter avec vous. Au plaisir de vous revoir. Au revoir ! »

Il ne put s'empêcher de jouir de cette situation lorsqu'il sortit du bar en poussant quelques ricanements amusés. Presque aussitôt, des policiers paniqués foncèrent en direction d'un pâté de maisons près de cent mètres plus loin d'où provenaient des coups de feu.


Dix minutes plus tôt

Le convoi ayant passé devant le bar où les deux super-soldats buvaient s'était arrêté dans une rue et plus précisément devant un commerce. Les deux jeeps bloquèrent les deux extrémités de la rue et leurs passagers empêchèrent les passants d'entrer. Des soldats en armes débarquèrent du camion et obligèrent les civils déjà présents dans la rue à quitter leur zone sécurisée. Un officiers et un sous-officier de la police militaire entrèrent dans le magasin. Le militaire déguisé en fleuriste s'interposa.

« Mais que signifie ceci ?! »

« Nous avons un mandat d'arrêt et devons capturer le fautif se trouvant dans vos locaux. »

Le faux-fleuriste changea d'attitude, comprenant visiblement que ces hommes savent qu'il protège l'entrée secrète d'une base de la Division Scientifique de Réserve. L'officier lui donna un papier.

« Voyons voir. Mais... ce n'est pas un mandat d'arrêt ! »

Le sous-officier sortit un pistolet munit d'un silencieux et l'abattit froidement avant de chercher le bouton d'ouverture. Une douzaine d'agents d'HYDRA déguisés en soldats de la police militaire entrèrent dans les locaux et éliminèrent discrètement toute menace leur demandant ce qu'ils faisaient là. Quelques échauffourées eurent lieux mais dans l'ensemble, leur mission se fit efficacement et discrètement.

« Parfait ! Capturez tous les scientifiques ayant participé au projet super-soldat ! Prenez-les vivants ! »

Mettre la main sur des hommes en blouse blanche ne fut pas difficile surtout avec un agent-officier ayant entre ses mains les documents de Kruger listant tous les savants et la ferme intention de rester en vie en ne décevant pas son tyrannique supérieur.

« Nous les avons tous capturé ! »

« Magnifique ! Le Crâne Rouge sera satisfait ! Emmenez-les dans le camion ! »

Tous les savants durent suivre leurs ravisseurs et grimpèrent à bord du véhicule mais deux savants se libèrent et tentèrent de fuir. L'un d'eux se fit abattre en pleine rue, devant une trentaine de civils. Le second put s'enfuir en criant que c'était des nazis, vérité qui fut involontairement vérifié par l'officier d'HYDRA qui, motivé par la peur d'un Crâne Rouge furieux de voir ses précieux scientifiques morts, arracha le fusil des mains du tireur et vociféra dans sa langue natale :

« < Imbécile ! Nous sommes tous morts par ta faute ! > »

Les policiers présents sur les lieux comprirent la situation et ouvrirent le feu. Le chauffeur du camion sut qu'il était grand temps de décamper et fonça, abandonnant sans pitié ses camarades restés dehors. Un violent combat se fit entre les simples agents de l'ordre cachés derrière des voitures et les agents nazis armés de fusils Garand ou de Thomson. Les minutes s'écoulèrent et des renforts policiers encerclèrent les malchanceux agents d'HYDRA qui se défendaient avec hargne. Le second savant, qui n'est autre qu'Howard Stark, essaya de sauver la vie d'un policier mortellement touché lorsqu'il vit un homme qu'il connaissait.

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